Cinéma - Le FIFM couronne L'Audition

C'est L'Audition, premier long métrage du comédien québécois Luc Picard, qui remporte l'Iris d'or de cette première édition du Festival international du film de Montréal (FIFM).

En salle dès vendredi prochain, cette tragi-comédie sur fond de legs père-fils, a également reçu la faveur du public avec la palme du meilleur film canadien. À titre d'acteur, Luc Picard était plébiscité également par le prix de la meilleure interprétation canadienne pour son rôle du bandit apprenti-comédien.

Cette première édition du FIFM, clôturée hier, sera marquée surtout par sa tourmente et la désaffection du public. Reste qu'il y eut des films, ainsi qu'une compétition en dents de scie (à peu près du niveau de celle du FFM) marquée par les thématiques de la paternité et du deuil. Bon palmarès d'ailleurs, par ce jury présidé par Claude Lelouch.

Josh's Trees de l'Américain domicilié en Suisse Peter Entell, intéressant documentaire mêlant des vidéos de famille à des interviews, a gagné l'Iris d'argent. Le laurier du meilleur réalisateur est allé à Iroshi Ishikawa pour Su-Ki-Da, une oeuvre de silence et de style vraiment impressionnante.

Le remarqué Quo vadis, baby, thriller noir de l'Italien Gabriele Salvatores, a valu à l'excellente Angela Baraldi le prix de la meilleure interprète féminine.

L'adorable jeune acteur de Petit frère du Coréen Im Tai-Hyung a reçu le laurier mérité du meilleur acteur, pour un rôle de petite peste d'un naturel fou.

Tatoué, le road movie lancinant de l'Argentin Eduardo Raspo, valait à Enrique Cortes et à Eduardo Raspo le laurier du meilleur scénario.

L'Iris d'or du court métrage est allé au troublant Déshabillant ma mère de l'Irlandais Ken Wardrop, et celui d'argent, au désopilant The Raftman's Razor de l'Américain Keath Bearden. Le film russe Polumgia, d'Artem Antonov, rempli d'ironie sur la guerre et sa folie est reparti avec l'Iris du meilleur espoir.

Une mention spéciale du jury fut accordée à Ça m'est égal si demain n'arrive pas du Belge Guillaume Malandrin ainsi qu'à Ordinary Man de son compatriote Vincent Lannoo.

Le public y est allé aussi de ses lauriers. Celui du meilleur film fut octroyé à Lady Zee du Bulgare Georgi Djulgerov, une histoire de survie pour une jeune fille ballottée par la vie. C'est Revolver Tango de Pascale Marcotte qui a remporté les palmes du meilleur court métrage canadien et du meilleur premier court métrage. Le prix de la meilleure mise en scène de court métrage est allé au Québécois Patrick Boivin pour Radio.

Un jury de trois critiques québécois a couronné les meilleurs films français. Le Silence d'Orso Miret, situé en Corse, a remporté le laurier du meilleur long métrage, tandis que celui du meilleur court allait au Baiser de Stefan Le Lay.

Le Prix ONF du meilleur documentaire est allé à La Dignité des pauvres de l'Argentin Fernando Solanas. Mention spéciale fut accordée aux Enfants d'hiver, la génération silencieuse de l'Allemand Jens Schanze.