À voir à la télévision le dimanche 25 septembre - Viens dans ma commune

Les voluptés de l'amour libre et le rythme trépidant du disco peuvent-ils faire bon ménage? Si certains en doutent, le cinéaste suédois Lukas Moodysson n'a aucun mal à concilier les deux et il le fait dans un film admirable, Tous ensemble (2000), petite chronique d'une commune embourbée.

Jalousie réprimée pour multiplier les expériences sexuelles, conversion au lesbianisme pour des raisons politiques et télévision frappée d'interdit et taxée de divertissement bourgeois: ce sont quelques-unes des caractéristiques de cette auberge espagnole d'un coin charmant de Stockholm, en 1975. Les couples se font et se défont, les enfants s'y promènent avec un regard chargé de perplexité et voilà que débarque Élisabeth (Lisa Lindgren), la soeur du pauvre Goran (Gustav Hammarsten), celui qui n'en peut plus d'entendre sa copine jouir à tue-tête avec un ardent socialiste. Traumatisée par un mari violent et alcoolique, Élisabeth, accompagnée de ses deux jeunes enfants, ressemble à un extra-terrestre de la planète classe moyenne. Son arrivée va bouleverser les habitudes de la maison — les enfants vont en profiter pour organiser une manifestation en faveur du retour de la viande dans leur assiette! — mais son pragmatisme déteindra légèrement sur ceux qui l'ont accueillie. Et son mari n'accepte pas qu'elle trouve refuge dans ce joyeux bordel.

Ce ne sont pas que les nostalgiques de cette époque euphorique qui trouveront beaucoup de plaisir devant Tous ensemble. Lukas Moodysson s'amuse bien sûr de tant de naïveté, mais ses personnages, tous attachants et jamais mièvres, dépassent largement la simple caricature. Le portrait qu'il dresse de cette expérience au parfum d'utopie (et au son de la musique d'Abba!) est chaleureux, humain, donnant même le goût de remonter le temps, de revenir en arrière.

Cinéma / Tous ensemble

Télé-Québec, 21h37