Décès du cinéaste américain Robert Wise, auteur de West Side Story

Cette photo d’archives montre Robert Wise pendant qu’il assistait à la sortie DVD du film Citizen Kane, à Hollywood en septembre 2001.
Photo: Agence Reuters Cette photo d’archives montre Robert Wise pendant qu’il assistait à la sortie DVD du film Citizen Kane, à Hollywood en septembre 2001.

Los Angeles — Le cinéaste américain Robert Wise, auteur célébré et récompensé des classiques West Side Story et La Mélodie du bonheur, est décédé à Los Angeles, quatre jours après son 91e anniversaire.

Wise, l'un des vétérans du cinéma transatlantique, est mort mercredi d'insuffisance cardiaque, quelques heures après avoir été admis en urgence à l'hôpital de l'Université de la Californie à Los Angeles (UCLA), a indiqué l'imprésario Lawrence Mirisch, ami de la famille du cinéaste.

Le décès du metteur en scène avait auparavant été annoncé par les organisateurs du festival de Saint-Sébastien, dans le nord de l'Espagne, qui devait lui rendre hommage lors de sa soirée d'ouverture hier.

L'épouse du cinéaste, Millicent Wise, arrivée mercredi à Saint-Sébastien, est repartie très tôt hier matin vers Los Angeles après avoir appris le décès de son mari, a précisé un membre de l'organisation du festival.

Né à Winchester, dans l'Indiana, le 10 septembre 1914, Robert Wise a codirigé avec le chorégraphe Jerome Robbins la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), transposition de Roméo et Juliette dans le New York contemporain, qui remporta dix Oscars.

Il a également signé en 1965 la célèbre Mélodie du bonheur, l'une des plus grandes recettes de toute l'histoire du cinéma et film favori de plusieurs générations d'enfants, couronné de cinq Oscars.

Robert Wise était entré dans l'industrie cinématographique en 1933 comme simple coursier aux studios RKO, portant pour 25 $ par semaine les bobines entre les salles de montage et celles de projection.

Il était devenu à partir de 1939 l'un des monteurs les plus réputés de l'époque, collaborant notamment avec Orson Welles pour Citizen Kane (1940), qui lui avait valu une nomination aux Oscars, et La Splendeur des Amberson (1942).

Il était passé à la réalisation, par hasard, en remplaçant, en 1943, Gunther von Fritsch sur le plateau de La Malédiction des hommes-chats (The Curse of the Cat People). Après plusieurs films de série B, il avait signé en 1949 l'un des meilleurs films consacrés à la boxe, Nous avons gagné ce soir (The Set-Up), obtenant le prix de la critique au Festival de Cannes.

Sa carrière cinématographique, qui s'est étalée sur 57 ans, a été éclectique: des films catastrophe aux histoires d'amour, des drames aux westerns, en passant par les policiers, les comédies musicales et la science-fiction, 40 films au total qui ont marqué à des degrés divers l'histoire du grand écran.

En 1951, il réalise Le jour où la Terre s'arrêta (The Day the Earth Stood Still), parabole sur la prolifération des armes nucléaires, et, en 1958, Je veux vivre (I Want to Live), un réquisitoire contre la peine de mort, qui porte à l'écran la vie de la première femme à avoir été exécutée aux États-Unis.

Robert Wise, homme des studios, a fait appel à des acteurs aussi prestigieux que Robert Mitchum, Richard Widmark, Susan Hayward, Barbara Stanwyck, Burt Lancaster et Paul Newman.

Sa dernière oeuvre, en 2000, avait été A Storm in Summer, téléfilm pour une chaîne câblée.

Nommé sept fois aux Oscars, il avait obtenu quatre statuettes dorées: deux pour West Side Story et deux pour La Mélodie du bonheur, chaque fois pour le meilleur film et le meilleur réalisateur.

Il avait aussi reçu en 1967 le prix Irving-Thalberg de l'Académie des arts et des sciences du cinéma pour l'ensemble de sa carrière avant de présider la prestigieuse instance d'Hollywood entre 1985 et 1988.

Selon M. Mirisch, Wise avait fêté son 91e anniversaire samedi dernier avec des amis et des proches et était encore plein d'énergie.