Le FNC donne un avant-goût de sa programmation

Le Festival du nouveau cinéma (FNC), qui roulera du 13 au 23 octobre prochain, lève le voile sur une partie de sa récolte. Avec l'alignement des rendez-vous de films à Montréal cette année, les joueurs dévoilent leurs cartes à la queue leu leu. Le Festival international de films de Montréal (FIFM), piloté par Spectra, annoncera sa programmation mercredi prochain. À une semaine du coup d'envoi du Festival des films du monde (FFM), que le public s'y retrouve!

Petit Pow! Pow! Noël, le nouveau film du Montréalais Robert Morin, sera lancé en première mondiale au FNC. En outre, une rétrospective complète de l'oeuvre du grand cinéaste russe Alexandre Sokourov est au menu. Claude Chamberlan, le directeur du rendez-vous, espère la venue du réalisateur de Moloch pour l'occasion.

Après avoir quitté son fief de l'Ex-Centris, l'équipe du FNC étrenne des locaux temporaires sur le boulevard Saint-Laurent, face au parc des Portugais, un grand loft lumineux. Mais les locaux permanents au coin de Roy et du boulevard devraient être prêts en octobre, après un retard de six mois sur les travaux. Dure année...

Des films de Cannes, dont la palme d'or L'Enfant des frères Dardenne, seront, tel qu'annoncé en juin, au programme du FNC. Il récolte aussi l'excellent Free Zone de l'Israélien Amos Gitai, qui valut le prix d'interprétation féminine à Hanna Laslo. De Cannes aussi: Manderlay de Lars von Trier et Le Filmeur d'Alain Cavalier.

Autres titres dévoilés: Dear Wendy du Danois Thomas Vinterberg, à qui on devait l'excellent Festen. Également Zim & Co du Français Pierre Jolivet, Nuit noire du Belge Olivier Smolders, All about my Dog, réalisé par un collectif de cinéastes japonais, Une nuit de l'Iranien Niki Karimi. En première nord-américaine, la version complète de Final Fantasy VII: Advent Children des Japonais Tetsuya Nomura et Takeshi Nozue.

Pour s'associer aux célébrations Les 100 ans de la Main, le FNC projettera Montréal Main de Frank Vitale, film de 1974 qui décrit la faune artistique du boulevard Saint-Laurent.

Selon Claude Chamberlan, qui a connu une année éprouvante — dont un énorme conflit de dates l'ayant opposé au nouveau rendez-vous de Spectra —, la cueillette de films n'a pas souffert de cette concurrence. «Il faut croire qu'on ne recrute pas le même type de films. De mon côté, je cherche le meilleur cru, même si ces oeuvres ne sont pas des premières mondiales mais qu'elles ont transité par Cannes, San Sebastian, Venise, Toronto. Qu'importe? Je suis là pour faire découvrir des oeuvres intéressantes. On en a vu de toutes les couleurs cette année, mais on garde le cap des oeuvres de qualité.»

Claude Chamberlan et le président du FNC Bruno Jobin estiment que la saga des trois rendez-vous de cinéma à Montréal nuit à leur festival, parce qu'elle sème la confusion dans l'esprit d'un public qui pourrait s'essouffler. «Nous annonçons plusieurs films aujourd'hui, parce que nous voulons que les cinéphiles mettent les nôtres à leur agenda», précise Bruno Jobin.

Claude Chamberlan se défend de vouloir tirer dans les pattes de Serge Losique en dévoilant une grosse partie de sa programmation à l'avance, mais la promotion des festivals est chamboulée. «J'ai de la sympathie pour Serge Losique et de la compassion pour ce qui lui arrive», affirme désormais celui qui a eu tant de démêlés passés avec le président du FFM. Non, ce n'est pas une année comme les autres...