Irene Bignardi: «Les films sont politiques, la vie est politique»

Locarno — L'Italienne Irene Bignardi, 62 ans, qui quitte la direction du Festival du film de Locarno après cinq ans de présidence, est fière d'avoir ouvert les portes de la manifestation à des pays sous le feu de l'actualité comme l'Afghanistan et l'Irak.

Interrogée par l'AFP, Irene Bignardi s'est dit particulièrement heureuse d'avoir «ouvert de nouvelles frontières» à certains pays, et d'avoir réagi très vite aux événements brûlants de l'actualité, avec la présentation de films sur l'Afghanistan en 2004 ou sur la guerre en Irak projetés cette année.

Autre motif de fierté, celui d'avoir créé la section «In progress», affirmant ainsi la place pour «des formes de cinéma plus marginales et absentes des festivals majeurs», comme les installations vidéo et les films d'art.

Première femme à diriger Locarno, Irene Bignardi a réitéré que son départ était motivé uniquement pour des raisons personnelles.

Pourtant, selon certains journaux, elle aurait jeté l'éponge notamment en raison de la guerre intestine que se livrent Locarno et la Mostra de Venise, qui débutera dans quelques jours.

Chaque année, les observateurs du festival évoquent la difficulté pour Locarno d'être coincé entre Cannes et Venise, ce qui nuit à la bonne tenue de sa compétition officielle. Selon Irene Bignardi, Locarno n'est pas «une vitrine» comme Venise, pour «les films qui sortiront trois jours après», mais un festival de recherche.

Irene Bignardi a par ailleurs essuyé les reproches, particulièrement en 2004, d'avoir bradé l'intérêt artistique des oeuvres au profit de la politique et la défense des droits de l'homme politiquement bien correctes.

Selon elle, cette critique «est absurde», Locarno ayant toujours montré des films très différents. «Les films sont politiques, la vie est politique», insiste-t-elle toutefois.