Molinari au service de la peinture

Le cinéma Parallèle d'Ex-Centris présente à partir d'aujourd'hui, et ce jusqu'au 9 juin, le film ayant remporté le prix de la meilleure oeuvre canadienne au Festival international des films sur l'art 2005, Molinari: la couleur chante, sur Guido Molinari, décédé l'an dernier. Le peintre, engagé sans retenue dans l'abstraction, a légué à sa mort une production inestimable. Avec lui, une pensée profonde sur les moyens de la peinture s'éteignait. Le documentaire de Lauraine André G. témoigne de cet engagement.

Depuis 1956, date à laquelle il s'engage envers la peinture abstraite, Molinari a grandement contribué à l'essor de celle-ci au Canada. Sur les traces de Piet Mondrian, le jeune peintre s'était positionné rapidement à la suite des mouvements montréalais de l'automatisme et de la peinture plasticienne de l'époque. Quiconque fréquente les musées québécois et canadiens a déjà vu de ses séries de tableaux Mutations ou Sériels, où se succèdent, à la verticale, les bandes colorées.

Le film de Lauraine André G. raconte Molinari en grande partie par la bouche même du peintre, ravivant la parole aujourd'hui éteinte de celui qui aimait la polémique. Molinari avait la parole facile. Il était batailleur.

Molinari: La couleur chante a choisi la voie de la rétrospective, repassant sur les différentes périodes de la carrière du peintre. Si Molinari se raconte, d'autres, comme le chevronné historien de l'art François-Marc Gagnon ou l'historienne de l'art et sémiologue Fernande Saint-Martin, la toute première flamme du peintre, placent l'homme dans l'histoire et expliquent la conception de l'espace pictural qui sous-tend les oeuvres du regretté peintre. Le magnétisme que Mondrian exerçait y est largement abordé; sa petite démonstration, à partir du Mondrian qu'il possédait, convainc.

Le Molinari qu'on retrouve dans La couleur chante est un homme ouvert, passionné, droit, exigeant envers lui-même et envers les autres. Le plus fascinant, c'est de voir l'homme se comporter après toutes ces années avec une passion identique à celle qu'on retrouve devant un premier amour. Devant une de ses toiles, dans son atelier situé dans une ancienne banque de la rue Sainte-Catherine Est, Molinari explique la séquence des bandes colorées, une séquence, dit-il, qui mène à l'infini. Il traduit avec une belle précision l'importance de bien choisir ses couleurs, dont il avait une connaissance inouïe.

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