La nouvelle directrice de la Cinémathèque s'attaque aux défis qui l'attendent

Yolande Racine entend multiplier les réseautages, développer des partenariats entre la Cinémathèque et différentes institutions: les musées, les stations de télévision, etc.
Photo: Jacques Grenier Yolande Racine entend multiplier les réseautages, développer des partenariats entre la Cinémathèque et différentes institutions: les musées, les stations de télévision, etc.

Yolande Racine, la nouvelle directrice générale de la Cinémathèque québécoise, provient du milieu muséal et non des officines du septième art. En poste depuis un mois, elle aura du pain sur la planche. La Cinémathèque, dont le déficit accumulé défraie la chronique depuis plusieurs années, doit se financer, se redéfinir, en plus d'affronter les défis des nouvelles technologies qui menacent l'avenir du support pellicule. Il lui faut se restructurer pour s'adapter au dépôt légal, développer sa Fondation, etc.

En rencontre de presse hier, Kevin Tierney, le président du conseil d'administration de l'institution et directeur par intérim durant plusieurs mois, a précisé que l'expérience muséale de la nouvelle directrice avait été déterminante pour sa nomination. Yolande Racine a occupé des postes de direction notamment au Musée des beaux-arts de Montréal, au Musée d'art contemporain, et à celui de Pointe-à-Callière.

La Cinémathèque québécoise, qui allie les fonctions de conservation, de diffusion et d'éducation, est financée au fédéral par le Conseil des arts. Kevin Tierney espère qu'elle va devenir de plus en plus «musée du cinéma» pour recevoir des subventions en ce sens.

La nouvelle directrice entend multiplier les réseautages, développer des partenariats entre la Cinémathèque et différentes institutions: les musées, les stations de télévision, etc. Un projet serait en cours entre la Cinémathèque et Télé-Québec pour faire et diffuser des séries sur le cinéma québécois.

Du côté de la conservation, la rareté de la pellicule, appelée à être remplacée par les nouveaux supports numériques, sera un point névralgique du futur. «C'est une préoccupation à l'échelle internationale», précise Yolande Racine.

Kevin Tierney affirme que les modalités et le financement du dépôt légal des oeuvres audiovisuelles québécoises, dont la Cinémathèque obtient d'office copie, seraient sur pied en septembre. «Comme l'entrepôt de Boucherville déborde, on vient de louer un autre espace à Mirabel.»

La directrice se donne trois ans (un court terme) pour débarrasser la Cinémathèque de son déficit accumulé. «Il est passé de 570 000 $ en mars 2004 à 400 000 $ cette année.» Mais 2004 fut une année difficile, où les employés de la Cinémathèque ont amputé leurs salaires, où il n'y eut pas de projections durant l'été, etc. Yolande Racine et Kevin Tierney jurent ne pas prévoir de nouvelles compressions de salaires, à tout le moins pour les deux prochaines années.

«La Cinémathèque affronte un problème de sous-financement chronique, affirme la directrice. Il faut trouver des fonds nouveaux, du côté des institutions comme du privé.» La Fondation a amassé 100 000 $ l'an dernier et les dirigeants de la Cinémathèque espèrent en recueillir autant en 2005.