À voir à la télévision le jeudi 21 avril - Les oubliettes de l'histoire

Avant d'envahir la Pologne en 1939, Adolf Hitler a eu cette réplique cinglante pour justifier son projet insensé d'éliminer les Juifs d'Europe et pouvoir le mener à terme en toute impunité: «Qui se souvient de l'extermination des Arméniens... » Pour tenter «de vivre en paix entre le passé de ses ancêtres et l'avenir de ses enfants», Hagop Goudsouzian a effectué un douloureux retour aux sources dans Mon fils sera Arménien.

La Turquie refuse toujours de reconnaître le premier génocide du XXe siècle, celui perpétré par l'Empire ottoman alors qu'entre 1915 et 1923, plus de 1,5 million d'Arméniens furent massacrés.

Le cinéaste canadien d'origine arménienne présente, preuves et témoignages à l'appui, un événement d'une ampleur funeste qui semble être tombé dans les oubliettes de l'histoire. Pourtant, des détails sordides s'étalaient à la une du New York Times et même Hollywood, en 1919 dans Ravished Armenia, offrait une reconstitution tristement réaliste.

Dans un processus de réconciliation et de mémoire, Hagop Goudsouzian s'est entouré de cinq camarades de voyage, tous Canadiens d'origine arménienne, pour retrouver de rares survivants du génocide et leur donner la chance de raconter leurs terribles souffrances.

Comme envers la Chine, question de ne pas nuire au commerce, les pays industrialisés sont plutôt conciliants avec le gouvernement de la Turquie, qui exige le silence absolu autour du génocide. Hagop Goudsouzian dénonce ce tabou: ne pas reconnaître cette infamie, c'est la voir se répéter. Comment lui donner tort?

Mon fils sera Arménien

RDI, 20h