Le Festival international de films de Montréal change ses dates

Le Festival international de films de Montréal (FIFM), à bout de pressions, a annoncé officiellement hier son changement de dates pour la tenue de son rendez-vous. Elles sont désormais fixées du 18 au 25 septembre 2005 (après le rendez-vous de Toronto), à la place du 12 au 23 octobre comme le p.-d.g. du FIFM, Alain Simard, l'avait assuré au début de l'année. Les dates chevauchaient alors celles du Festival du nouveau cinéma (FNC), au grand dam de son directeur artistique, Claude Chamberlan, qui a poussé les hauts cris.

Quant au nouveau directeur général du FNC, André Lamy, il a attaqué Téléfilm et la SODEC, la semaine dernière, pour avoir amendé leurs principes directeurs internes afin, disait-il, de favoriser le regroupement derrière l'équipe Spectra pour la création d'un nouveau festival de cinéma.

Entendant mettre fin à la controverse (ou prévenir de nouveaux coups), Alain Simard et le producteur Roger Frappier, membre du conseil des gouverneurs du nouveau festival, ont rencontré la presse hier pour indiquer qu'ils tournaient la page. La décision du changement de dates aurait été faite «dans l'intérêt collectif du milieu du cinéma et des Montréalais.» L'iris versicolore devient l'emblème du nouveau festival. Deux Iris d'or et six d'argent seront décernés par jury lors du palmarès, de même que l'Iris de l'espoir, sorte de caméra d'or (première ou seconde oeuvre) ainsi qu'un Iris hommage. L'affiche est ornée d'un iris oculaire, représentant le regard du spectateur et celui du cinéaste.

Chose certaine, les Montréalais auront l'embarras du choix avec trois festivals en ligne cette année: le Festival des films du monde (FFM), du 26 août au 5 septembre, le Festival international de films de Montréal, du 18 au 25 septembre, et le Festival du nouveau cinéma, du 13 au 23 octobre.

Le FIFM a dévoilé hier la nomination du délégué pour le cinéma français. Il s'agit de Michel Ciment, rédacteur en chef de la revue de cinéma Positif et président de la FIPRESCI. La première tenue du FIFM mettra à l'honneur le cinéma français. En cette année de transition, le FIFM ne présentera qu'une quinzaine de films en compétition et moins de 200 oeuvres de tous horizons, en cherchant aussi à servir de tremplin pour le cinéma québécois.

En 2006, le FIFM se déplacera durant l'été, mais personne n'était en mesure de confirmer hier durant quelle partie de la saison. Un volet extérieur gratuit, nommé Grande Fête du cinéma, sera du bal et le rendez-vous de films durera dix jours.

Laisser la polémique derrière

Robert Lepage, qui avait signé la lettre d'appui au FNC, vient de changer son fusil d'épaule en entrant au conseil des gouverneurs du FIFM. Michel Brault y entre aussi.

Visiblement, Roger Frappier et Alain Simard avaient hâte de laisser la polémique derrière eux pour passer à l'organisation du festival et offraient des réponses de politicien à toute question embarrassante. Il ne leur reste que 162 jours pour fixer le tout, et Montréal ne sort pas grandie de ces dissensions. On s'interroge toujours sur le rôle de Daniel Langlois dans cette affaire, ancien président du FNC, membre du conseil d'administration du FIFM, mais logeant toujours les dirigeants du FNC.

«On est satisfaits que Spectra respecte enfin la règle de Téléfilm et de la SODEC concernant le chevauchement des dates de festivals», a commenté hier Claude Chamberlan, du FNC. On est en train d'organiser notre quatrième édition.» Dont acte!

Serge Losique, de son côté, qui confirme toujours la tenue de son FFM, a précisé qu'il s'envole aujourd'hui pour la Chine, et d'autres pays d'Orient, afin de quérir de nouveaux films. Il a dit trouver ridicule que trois festivals de films se suivent à la queue leu leu au centre-ville de Montréal.