À voir à la télévision le mercredi 13 avril - La beauté du monde

Inciter les esprits curieux et les fervents écologistes à voir Baraka (1992) à la télévision, et ce peu importe la largeur ou la qualité de leur appareil, me semble une hérésie: dans un monde idéal où les films ne disparaîtraient pas quelques semaines après leur sortie en salle, cette splendeur signée Ron Fricke devrait être vue, et revue, sur le plus gigantesque des écrans. Par souci de réalisme, on se contentera d'en apprécier les effets, et d'en comprendre la portée, au petit écran.

Le film a été tourné dans 24 pays, sur tous les continents et pendant près de 14 mois; l'équipe réduite de Fricke s'est baladée à la fois dans les coins les plus insoupçonnés et aussi dans ceux les plus célèbres de notre planète, offrant une magnifique méditation sur la beauté et la fragilité de la Terre. Ceux qui verront des parallèles évidents avec Koyaanisqatsi (1983), de Godfrey Reggio, n'auront pas tort: Fricke fut son assistant et, dix ans plus tard, alors que rien ne laissait croire que le cours des choses avait changé, il poursuivait, à sa façon, une réflexion marquée du sceau de l'urgence, sans céder au défaitisme.

Des rues de Manhattan aux dépotoirs de Calcutta en passant par les bidonvilles des grandes cités du Brésil et les vastes étendues désertiques du Moyen-Orient, Baraka ratisse large, voit loin et explore toutes les facettes d'un monde en perpétuel bouleversement. Bien sûr, on y présente la grandeur (spirituelle) de l'homme, mais on y montre aussi les ravages qu'il cause de ses propres mains. Ron Fricke filme, avec une désolation évidente, tous ces puits de pétrole en flammes un peu partout en Irak lors de la guerre du Golfe. Un triste rappel de situations passées qui continuent d'empoisonner, dans tous les sens du terme, notre présent.

Baraka
Artv, 19h30

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