À voir à la télévision le vendredi 15 avril - L'espion qui s'ignorait

Toujours un verre à la main, cynique et blasé, l'éditeur anglais Barley Blair (Sean Connery) n'a jamais caché ses sympathies pour l'Union soviétique. Lors d'une rencontre avec des écrivains de ce pays qu'il chérit tant, il se lance dans un discours enflammé et lyrique sur la liberté, ce qui attire la sympathie de tous mais plus particulièrement la curiosité d'un dénommé Dante (Klaus Maria Brandauer). Nous sommes à l'époque de la glasnost, mais les murs ont encore de très grandes oreilles...

La Maison Russie (1990), du cinéaste australien Fred Schepisi, représentait à l'époque de sa sortie un véritable exploit, étant le premier film américain à être tourné en territoire soviétique — le directeur photo Ian Baker donne à Moscou et à Saint-Pétersbourg un lustre qui camoufle habilement les horreurs architecturales du régime communiste. Ce drame d'espionnage, une adaptation du roman de John Le Carré, montre aussi les fissures d'un empire. De plus, comme pour donner à l'ensemble une vision nuancée, le film s'attarde beaucoup sur les rivalités entre les services secrets britanniques et américains, montrant à quel point la culture du secret et de la paranoïa triomphait tout autant à l'Ouest qu'à l'Est.

Au centre de ces intrigues et de ces mensonges, Katya (gracieuse Michelle Pfeiffer), éditrice de Moscou, essaie surtout de faire confiance à cet homme désabusé, évidemment amoureux d'elle dès le premier regard. Méfiante, Katya ignore qu'il est forcé de recueillir des renseignements sur un auteur anonyme, celui qui l'a implorée d'agir comme messagère auprès de Barley pour la publication de son manuscrit compromettant pour l'armée soviétique. Est-ce un document de la plus haute importance ou une pure fabulation d'écrivain? Il n'est jamais si simple de trancher avec John Le Carré.

La Maison Russie

Historia, 22h

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