À voir à la télévision le jeudi 14 avril - Un fauteuil pour deux

Avant de devenir scénariste (Big, Dave) et réalisateur (Pleasantville, Seabiscuit), Gary Ross a frayé avec la politique auprès des démocrates, écrivant des discours pour Michael Dukakis (le cousin d'Olympia, pour ceux en quête d'informations essentielles à la vie de tous les jours... ), gouverneur et plus tard candidat défait à la présidence. La réussite de Dave (1993), encore à ce jour le meilleur film du cinéaste canadien Ivan Reitman (Meatballs, Ghostbusters, Kindergarten Cop), tient peut-être à cette absence de cynisme. Tel un Frank Capra parachuté en pleine période Bill Clinton, la compassion et le gros bon sens n'ont pas déserté la Maison-Blanche.

Dave Kovic (Kevin Kline) ne manque ni de l'un ni de l'autre, toujours prêt à aider les chômeurs, profitant aussi du fait qu'il ressemble comme deux gouttes d'eau à Bill Mitchell (encore Kevin Kline), le 44e président des États-Unis, un être impitoyable doublé d'un infatigable coureur de jupons. Et c'est dans les bras de sa secrétaire que l'on va le trouver presque mort, plongé dans un coma profond. C'est alors que Kovic entre en scène malgré lui, occupant le fauteuil du président à l'insu de tous et grâce à des conseillers sans scrupules. Mais Ellen Mitchell (Sigourney Weaver), la first lady, se demande où se cache le vrai Bill Mitchell, celui qu'elle déteste...

En plus d'être une brillante comédie sur les apparences, plongeant un esprit naïf dans un univers de requins, le film représente une véritable critique, mais jamais acerbe, sur les jeux de pouvoir et l'éloignement des élus lorsqu'ils ont obtenu ce qu'ils voulaient du bon peuple: leur vote et leur confiance. Toujours avec le sourire en coin, Kevin Kline montre les deux faces, l'une obscure et l'autre lumineuse, de la politique à l'ère de l'image et des mensonges savamment enrobés.

Dave

Historia, 22h