Cate Blanchett critique «la pyramide patriarcale» d’Hollywood

Cate Blanchett a été récompensée dimanche pour son rôle dans le film dramatique Tar. Elle y incarne une cheffe d’orchestre impitoyable au sommet de son art, mais dont la vie se désagrège.
Michael Tran Agence France-Presse Cate Blanchett a été récompensée dimanche pour son rôle dans le film dramatique Tar. Elle y incarne une cheffe d’orchestre impitoyable au sommet de son art, mais dont la vie se désagrège.

Cate Blanchett s’en est prise au « patriarcat » des remises de prix hollywoodiennes, souhaitant un changement de toute « la structure », en recevant dimanche soir le prix de la meilleure actrice lors du gala des Critics’ Choice Awards.

L’actrice australo-américaine figure en tête de la course aux Oscar avec son rôle dans le film dramatique Tar, pour lequel elle avait déjà remporté la semaine dernière le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique. Elle y incarne une cheffe d’orchestre homosexuelle impitoyable au sommet de son art, mais dont la vie se désagrège.

« Qu’est-ce que c’est que cette pyramide patriarcale qui fait que quelqu’un se lève ici ? » a-t-elle lancé devant une salle comble. « Pourquoi ne pas simplement dire qu’il existe de multiples performances féminines qui forment un concert et un dialogue les unes avec les autres et cesser la course de chevaux télévisée ? »

« Chacune des femmes, qu’il s’agisse de télévision, d’un film […] ou d’une publicité pour les tampons, vous accomplissez toutes un travail superbe qui est pour moi une source d’inspiration continuelle », a-t-elle ajouté. « Alors, merci. Je partage [ce trophée] avec vous toutes. »

Cate Blanchett pourrait remporter, le 12 mars, son troisième Oscar avec son rôle dans Tar, après avoir été récompensée pour son travail dans Blue Jasmine, de Woody Allen (2014), et Aviator, de Martin Scorsese (2005).

Militante de la cause féministe, Cate Blanchett interprète dans Tar un personnage narcissique et tyrannique qui n’est pas sans rappeler les scandales sexuels dénoncés par le mouvement #MeToo. À une différence près : Lydia Tar est une femme lesbienne.

La Critics Choice Association a par ailleurs attribué le prix de meilleur acteur à Brendan Fraser pour son rôle de professeur obèse et reclus dans The Whale, de Darren Aronofsky. Après avoir connu le succès il y a une vingtaine d’années avec des films comme The Mummy (1999), l’acteur américano-canadien a eu une période d’oubli relatif. « J’étais dans le désert, […] mais tu m’as trouvé », a dit l’acteur au réalisateur lors d’une intervention pleine d’émotion.

Le prix du meilleur film a été attribué à la comédie surréaliste Everything Everywhere All at Once. Plusieurs autres prix décernés sont liés à cette oeuvre : meilleur réalisateur pour ses auteurs Daniel Kwan et Daniel Scheinert, meilleur scénario original, meilleur montage et meilleur second rôle pour l’acteur Ke Huy Quan.

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