L’actrice italienne Gina Lollobrigida n’est plus

Gina Lollobrigida, lors d’un festival de cinéma à Nice en mars 1980
Agence France-Presse Gina Lollobrigida, lors d’un festival de cinéma à Nice en mars 1980

L’actrice italienne Gina Lollobrigida, brune voluptueuse qui creva l’écran de l’après-guerre à Hollywood, est morte à l’âge de 95 ans, a annoncé lundi le ministre italien de la Culture.

Révélée en 1952 dans Fanfan la tulipe, du réalisateur français Christian-Jaque, elle s’était fracturé le fémur en tombant à son domicile romain en septembre et avait dû être opérée. « Adieu à une diva du grand écran, protagoniste de plus d’un demi-siècle d’histoire du cinéma italien. Son charme est éternel. Ciao, Lollo », a écrit sur Twitter le ministre Gennaro Sangiuliano.

La première ministre italienne, Giorgia Meloni, a rendu hommage à « une icône du cinéma italien, l’une des interprètes plus importantes de sa génération, qui a contribué à la diffusion de l’image de l’Italie à travers le monde ».

Luigina Lollobrigida est née le 4 juillet 1927 dans le petit village de Subiaco, au coeur des Abruzzes, des montagnes du centre de l’Italie, dans une famille modeste qui s’installe ensuite à Rome.

Élève de l’École des beaux-arts, elle fait ses premiers pas au cinéma un peu par hasard. « Je ne voulais pas être actrice, mais artiste. J’étais figurante seulement pour ramener de l’argent à la maison. Puis, on m’a offert un vrai rôle. Ce n’était pas ce que je voulais. J’ai pensé : “J’y vais et je leur demande la lune, un million”. Ils me l’ont donné, et j’ai commencé à faire du cinéma », avait-elleraconté à Vanity Fair Italie en 2007.

Pendant quatre ans, de 1947 à 1951, elle n’obtient que des rôles secondaires, jusqu’à ce que Fanfan la tulipe, de Christian-Jaque, et ses 6,7 millions de spectateurs la consacrent en 1952. Cette petite brune aux formes voluptueuses et au regard de braise enchaîne ensuite Les belles de nuit de René Clair en 1952 et Pain, amour et fantaisie de Luigi Comencini en 1953.

Photo: Giulio Broglio Associated Press Gina Lollobrigida sur la place Saint-Marc, à Venise, en 1968

Gina Lollobrigida joue avec les plus grands acteurs : Frank Sinatra, Sean Connery, Marcello Mastroianni, Yul Brynner ou encore Humphrey Bogart dans Plus fort que le diable en 1954 et Anthony Quinn dans Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy (1956), où elle incarne Esmeralda.

Elle tourne jusqu’en 1962 aux États-Unis, puis rentre en Italie. Elle ne joue ensuite qu’occasionnellement pour le cinéma et pour la télévision, apparaissant dans quelques films des années 1990 comme XXL, d’Ariel Zeitoun, et Les cent et une nuits de Simon Cinéma, d’Agnès Varda.

Une passion : la sculpture

Signe que son aura n’a pas faibli pour autant, une vente aux enchères de ses bijoux en 2013 a atteint des sommets, avec des pendants d’oreilles en perles adjugés à 2,39 millions de dollars, dépassant un précédent record établi par des bijoux similaires d’Elizabeth Taylor.

Mais, entre-temps, « La Lollo » était revenue à ses premières amours artistiques — la photographie et la sculpture —, auxquelles elle s’est entièrement consacrée au début des années 1980. « J’ai toujours préféré la sculpture. Je me suis donnée au cinéma et je ne le regrette pas, mais quand le cinéma a changé, j’ai décidé de retrouver ma passion », confiait la vedette à l’occasion de l’inauguration à Paris de sa première exposition, qui avait également été présentée à Moscou et à Venise.

Son seul regret ? N’avoir « jamais trouvé l’âme soeur » et n’avoir connu que des amours « à sens unique », déclarait-elle en 2007. En 1969, Gina Lollobrigida avait divorcé de Milko Skofic, le médecin qu’elle avait épousé en 1949 et de qui elle a eu son fils unique, Milko Jr, qui lui a donné un petit-fils.

En 2006, à l’âge de 79 ans, Gina Lollobrigida avait défrayé la chronique en annonçant ses noces avec l’entrepreneur espagnol Javier Rigau Rafols, de 34 ans son cadet. Mais le couple s’est séparé dans la tourmente et les batailles d’avocats quelques mois plus tard.

J’ai toujours préféré la sculpture. Je me suis donnée au cinéma et je ne le regrette pas, mais quand le cinéma a changé, j’ai décidé de retrouver ma passion.

 

Au cours d’une émission de télévision en novembre 2017, elle a aussi révélé, avec pudeur et dignité, avoir subi deux agressions sexuelles dans sa jeunesse. « Cela reste en toi et cela marque ton caractère », avait-elle affirmé.

Elle a été également impliquée dans deux procès. Dans le premier, la Cour de cassation lui a imposé un tuteur pour la gestion de son patrimoine. Dans le second, toujours en cours, son ex-homme à tout faire est accusé d’abus de faiblesse à son égard.

Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, l’actrice a en outre brigué, sans succès, un siège au Parlement européen en 1999 sur la liste d’un parti de gauche. Elle tentera en 2022, de nouveau en vain, d’obtenir un siège au Sénat italien.

En France, elle a été faite officière des arts et lettres en 1986 et commandeure en 2004. Mais elle avait dû attendre février 2018 pour avoir son étoile à Hollywood.

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