Les films internationaux à voir cet hiver sur grand écran

Le suspense sera au rendez-vous avec As bestas, de Rodrigo Sorogoyen, avec les acteurs Denis Ménochet et Marina Foïs.
Photo: Axia Films Le suspense sera au rendez-vous avec As bestas, de Rodrigo Sorogoyen, avec les acteurs Denis Ménochet et Marina Foïs.

Durant la saison froide, et ce, jusqu’au redoux printanier, les films internationaux se disputeront une place au grand écran. De fait, on en attend beaucoup, surtout en provenance de l’Hexagone. Il y aura de tout, pour tout le monde, quoiqu’on remarque une nette tendance, même quand le ton se veut « feel good », au commentaire social.

Plusieurs titres permettent de tirer cette conclusion. Par exemple, dans Neneh superstar, de Ramzi Ben Sliman, une adolescente noire, aspirante ballerine douée (Oumy Bruni Garrel), se heurte au racisme institutionnel d’une prestigieuse académie parisienne (21 avril). Dans la comédie romantico-sociale Les femmes du square, de Julien Rambaldi, on suit une immigrante ivoirienne (Eye Haïdara) qui se retrouve nounou chez une riche maisonnée, avec en toile de fond, l’exploitation dont sont victimes ces femmes qui n’ont rien aux mains de ceux qui ont tout (en mars).

Dans Le nouveau jouet, de James Huth, second remake, après l’américain, de la comédie Le jouet de Francis Veber, Jamel Debbouze est littéralement « acheté » par un magnat (Daniel Auteuil) pour son fils capricieux, avec en filigrane un discours sur les classes plus prononcé qu’autrefois (24 février). Autre comédie, autre sujet porteur : l’écologie. Ainsi, dans La petite bande, de Pierre Salvadori, un groupe d’enfants qui, après avoir tenté sans succès de faire exploser une usine polluante, kidnappe son vil directeur (3 mars).

Photo: Les Films Opale Une scène du film « Le nouveau jouet »

Changement de registre dans le drame Annie Colère, de Blandine Lenoir, où Laure Calamy (à l’affiche aussi dans la comédie entre amies Les Cyclades le 3 mars) incarne une travailleuse d’usine qui, en 1974, commence à militer pour le droit à l’avortement après en avoir obtenu un grâce à un groupe de femmes (10 février). Une intrigue qui rappelle celle de Call Jane (Nous sommes Jane), un traitement plus en profondeur proche de celui de L’événement.
 

Suspenses et héroïnes

Le suspense sera également au rendez-vous avec As bestas, de Rodrigo Sorogoyen, dans lequel Denis Ménochet et Marina Foïs ont maille à partir avec leurs voisins jusqu’à la tragédie dans un village de Galice (10 mars). Après la campagne, place au glamour clinquant de la Riviera dans Mascarade, où Isabelle Adjani, Pierre Niney et Marine Vacth se manipulent les uns les autres (21 avril).

Le prolifique François Ozon revient à la comédie policière théâtrale à la 8 femmes avec Mon crime, tiré d’une pièce des années 1930. Une starlette désargentée y est accusée du meurtre d’un gros bonnet, avec notamment Isabelle Huppert et Fabrice Luchini (31 mars).

Photo: Axia Films Une scène du film « As Bestas »

Il est également trois films portés par des héroïnes qui vivent un important voyage intérieur. Il s’agit d’Un beau matin, de Mia Hansen-Love, qui met en vedette Léa Seydoux. Elle est Sandra, jeune femme, jeune mère célibataire, qui doit composer avec le déclin accéléré de son père, atteint d’une maladie dégénérescente. Revient alors dans le paysage Clément, un ancien amant avec qui elle renoue sans trop savoir si ce sera pour de bon, ou pour un temps (10 février).

Dans Retour à Séoul, de Davy Chou, ledit périple n’est pas qu’intérieur, il est aussi physique. En effet, Freddie (Park Ji-min), la protagoniste, décide sans crier gare de faire le voyage Paris-Séoul afin de découvrir le pays de ses origines (3 mars).

D’Angleterre cette fois, Emily, de Frances O’Connor, est une biographie splendide, fiévreuse et poétique d’Emily Brontë. Emma Mackey est formidable dans le rôle de l’autrice du classique Les hauts de Hurlevent (24 février).

Amitié, amour et inclassabilité

On signalera en outre deux beaux titres LGBTQ+ : Close, du réalisateur belge Lukas Dhont, dans lequel l’amitié fusionnelle entre deux garçons est mise à mal par les qu’en-dira-t-on, et Of an Age, du cinéaste d’origine macédonienne Goran Stolevski, sur la liaison intense, en Australie, entre un immigrant serbe et le frère de sa partenaire de danse (3 février et 10 février, respectivement).

Enfin, dans la catégorie des inclassables, deux derniers titres qu’on ne voudra pas rater : Fumer fait tousser, de l’inénarrable Quentin Dupieux (Rubber, Mandibules), une parodie huitième degré des films de superhéros avec Gilles Lellouche, Anaïs Demoustier, Jean-Pascal Zadi et Vincent Lacoste, et Enys Men, de Mark Jenkin, un film d’épouvante à la sauce horreur folklorique (« folk horror ») campé dans les Cornouailles en 1973 (31 mars et hiver 2023, respectivement).

En attendant le cru cinématographique estival, bon cinéma !



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