«Violent Night» : le père Noël est un vrai dur

David Harbour dans le film Violent Night
Universal Pictures David Harbour dans le film Violent Night

Pensez étoile de sapin de Noël, casse-noisettes décoratif, papier cadeau, rubans, crochets de boules de verre, patins à glace, souffleuse à neige… et détournez le tout de sa fonction originale. Faire mal plutôt que faire sourire ou être utile, quoi. Vous venez d’entrer dans la Ô violente nuit (V.F. de Violent Night) de Tommy Wirkola, réalisateur norvégien, qui a fait une entrée remarquée (pour le pire et le pire encore) dans le rêve hollywoodien avec le désolant Hansel & Gretel. Witch Hunters.

Cette fois, c’est au mythe du père Noël qu’il s’en prend. Et si David Harbour (Stranger Things, Black Widow) n’y brillait pas telle l’étoile de Bethléem, cette comédie d’horreur aurait pu être placée au sommet de la pile instable des cadeaux « pas rapport ».

L’idée de départ du film était pourtant riche en ce matériau si recherché qu’est le potentiel : imaginons un Bad Santa que ses rennes auraient abandonné dans Home Alone, où se déroulerait un massacre façon Ready or Not. Le tout, pimenté d’un soupçon de Die Hard. Les ingrédients sont là, on les mélange, on place au four et on regarde le tout lever… avant de se dégonfler.

Mais l’on n’accouche pas d’un navet grâce — on l’a dit, mais ça vaut le coup de le répéter — à David Harbour : il prend beaucoup de plaisir en vrai père Noël, dont on découvre en partie les origines (desquelles on déduit que le rouge de son costume est plus sanguin que festif). Face à lui, autre atout de cette nuit violente : la jeune Leah Brady, qui fait ses débuts au grand écran et se glisse dans un rôle que n’aurait pas renié le jeune Macaulay Culkin. Ce, avec un supplément d’âme.

Coups bas en cadeau

 

Malheureusement, autour d’eux se déploient des personnages en carton-pâte dans une crèche de luxe où l’on se réchauffe non sous la paille, mais sous les billets verts. Mise en place : réunion familiale chez les richissimes Lightstone, (pas) bonnes gens qui n’ont en commun que les liens du sang. De la matriarche (Beverly D’Angelo) à ses enfants (Alex Hassell et Edi Patterson) et leurs conjoints (Alexis Louder et Cam Gigandet), ils échangent coups bas et couteaux dans le dos. Comme cadeaux, on a déjà vu mieux. Arrivent ici des mercenaires, menés par un certain M. Scrooge (John Leguizamo), qui ont pour but de vider la chambre forte bien garnie de la famille.

Et tout ce qui avait mal commencé va virer très mal, puis très très mal.

 

Si la nuit culmine avec une scène aussi hilarante que violente, où tous les coups sont permis, accompagnée de la voix rugueuse de Bryan Adams qui nous explique en contrepoint qu’il y a « something about Christmas time », le long métrage traîne en longueur lorsqu’il s’attarde aux personnages qui ont autant d’épaisseur qu’une caricature ratée, dont les relations sont clichées ; les tenants, évidents ; les aboutissants, téléguidés ; le comportement, pas drôle ; et, surtout, les interprètes, mal (ou pas) dirigés.

En bref, on rigole et on s’amuse ferme (oui, oui) quand ça se cogne. On s’ennuie au moins aussi ferme quand ça ne saigne pas. Noël, même horrifique, mérite mieux.

Ô violente nuit (V.F. de Violent Night)

★★ 1/2

Comédie d’horreur de Tommy Wirkola. Avec David Harbour, Leah Brady, John Leguizamo, Beverly D’Angelo. États-Unis, 2022, 112 minutes. En salle.

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