Cinéma et plateformes: grand et petit écran, petits et grands bonheurs

Gabrielle Tremblay-Baillargeon
Collaboration spéciale
Scène du film Avatar. La Voie de l’eau
Photo: 20th Century Scène du film Avatar. La Voie de l’eau

Ce texte fait partie du cahier spécial La culture en cadeau

Célébrations de groupes à part, les Fêtes sont aussi l’occasion de rester à la maison pour profiter de l’offre gargantuesque que proposent les plateformes et la télévision. Certains aiment pourtant s’aventurer dans la neige jusqu’au cinéma pour prendre place devant le grand écran en pleine semaine, lorsque les jours ne comptent plus et que l’on a perdu le fil du temps. Entre les classiques indémodables, les sorties à surveiller et les incontournables de la saison, voici nos recommandations d’oeuvres à visionner sans modération durant le congé de Noël.

À voir au cinéma

Parmi les sorties québécoises attendues d’ici peu, on note Au nord d’Albany, de Marianne Farley (sortie en salle le 2 décembre), premier long opus de la réalisatrice nommée aux Oscar en 2019 pour son court métrage Marguerite. Dans ce drame familial aux allures de thriller, une mère (Céline Bonnier) veut sauver sa fille (Zeneb Blanchet) à tout prix : ce faisant, elle fuit aux États-Unis, mais tombe en panne dans les Adirondacks.

La comédie romantique 23 décembre, de Miryam Bouchard (sortie en salle le 25 novembre), écrite par India Desjardins, promet un film choral sympathique et chaleureux, un tout doux conte des Fêtes québécois, création plutôt rare chez nous. Le film met en vedette une brochette d’acteurs québécois de renom comme Guylaine Tremblay, Michel Barrette, Virginie Fortin et Christine Beaulieu.

Du côté des films-événements internationaux, on note The Whale (La baleine), drame de Darren Aronofsky (sortie en salle le 23 décembre), qui a soulevé les foules lors du dernier Festival international du film de Toronto (TIFF). Le long métrage marque le grand retour de l’acteur Brendan Fraser, méconnaissable sous ses prothèses grossissantes, mais surtout touchant, nous dit-on, dans le rôle d’un professeur d’anglais endeuillé qui traverse la vie avec difficulté, son obésité morbide lui minant la vie de plus en plus chaque jour.

Le très attendu Babylon, de Damien Chazelle (sortie en salle le 23 décembre), réalisateur de La La Land, met en vedette Brad Pitt et Margot Robbie dans le Hollywood des années 1920, à l’époque du passage du cinéma muet au parlant. Le film promet la scénographie et la réalisation créative et chatoyante propre au cinéaste américano-français.

Vous prévoyez une sortie cinéma avec les enfants ? Essayez les films d’animation français Ernest et Célestine. Le voyage en Charabie (16 décembre) ou Le petit Nicolas. Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? (23 décembre). Pour les plus vieux, Avatar. La Voie de l’eau (16 décembre), de James Cameron, suite de l’immensément populaire Avatar (2009), offrira certainement assez d’action et d’effets spéciaux pour contenter les plus friands du genre. Dans ce film qui, on le concède, arrive longtemps après la parution du premier de la série, on retrouve Jake Sully et Neytiri, maintenant parents, qui doivent quitter leur nid afin de mener une guerre contre les humains, qui menacent la sécurité de leur communauté. Kate Winslet fait partie des nouvelles recrues de ce deuxième opus. Zoe Saldana et Sigourney Weaver, elles, reprendront leurs rôles respectifs.

Télé-Québec : 40 ans de classiques

C’est le samedi 10 décembre que seront lancées les plus que traditionnelles festivités télévisuelles de Ciné-Cadeau, un programme familial que nous offre Télé-Québec chaque année depuis déjà 40 ans. Tous les jours à 9 h, à 15 h 30 et à 18 h 30 jusqu’au 1er janvier, la chaîne nous gâte avec une sélection de classiques pour petits et grands.

Du côté des productions québécoises, les plus qu’incontournables La guerre des tuques (1984) et Bach et Bottine (1986) seront présentés. Ciné-Cadeau rime bien sûr avec les versions animées d’Astérix et Tintin, dont les aventures les plus mémorables (Astérix et Cléopâtre, Les 12 travaux d’Astérix, Tintin et le lac aux requins) font partie de la sélection. Cette année, Télé-Québec propose même un complément de visionnement sous forme de trois épisodes de balado, où l’animateur Mathieu Bouillon et ses invités revisitent les films de Ciné-Cadeau. En compagnie d’Antoine Vézina, Tammy Verge, Guillaume Lambert, Nicolas Michon, Catherine Ethier et Charles Beauchesne, l’humoriste et auteur discute des films de Noël de notre enfance. Certains, comme Peter le chat sans queue, ne sont plus à l’affiche aujourd’hui, mais sont disséqués avec humour, alors que d’autres, comme la série des Astérix, sont célébrés avec toute la douce nostalgie nécessaire à l’exercice.

Netflix : grandiose et épatant

Sur Netflix, l’offre de visionnement des Fêtes est abondante — et imposante. En plus de tout le catalogue de films de Noël accumulés année après année, le géant du streaming diffuse dès novembre des nouveautés du genre à ne pas louper. D’abord, impossible de passer à côté du grand retour de Lindsay Lohan dans le mièvre Falling for Christmas (Noël tombe à pic), un film au scénario prévisible qui, malgré tout, tient la route grâce au charisme intarissable de sa vedette, toujours drôle et lumineuse. Lohan y porte le rôle d’une riche héritière d’un magnat hôtelier qui devient amnésique à la suite d’un accident de ski.

A-t-on besoin d’une énième adaptation du classique de Dickens Un conte de Noël ? Semblerait-il que oui. Scrooge: A Christmas Carol (sortie le 2 décembre), un film d’animation anglais, amène le conte à l’écran dans une version énergique et colorée. On l’essaie pour les Fêtes ?

Une nouvelle version de Pinocchio, portée par le réalisateur mexicain Guillermo Del Toro (sortie le 9 décembre), transporte l’histoire centenaire en un stop motion qui promet de contenir toute la magie, l’émotion et le merveilleux propres aux créations de Del Toro. Le film dépose l’histoire dans l’Italie fasciste de l’après-guerre, une liberté scénaristique qui permet d’aborder des thèmes plus sombres, mais aussi d’inscrire la quête d’humanité de son protagoniste dans un contexte plus sérieux.

Matilda. La comédie musicale, une production originale de Netflix, transporte quant à elle au petit écran l’adaptation scénique à succès tirée du roman de Roald Dahl (sortie le 25 décembre). Emma Thompson y incarne Mme Trunchbull, effrayante directrice d’école qui déteste les enfants. Récipiendaire de plusieurs prix, la comédie musicale anglaise se verra bonifiée de chansons expressément composées pour le film.

Après une première réussie au TIFF, Glass Onion: A Knives Out Mystery (Oignon de verre. Un mystère à couteaux tirés) permet de retrouver l’enquêteur Benoit Blanc (Daniel Craig) dans une nouvelle aventure pleine de rebondissements (sortie le 23 décembre). Le film suit une partie de meurtre et mystères qui dégénère lorsqu’un véritable cadavre est retrouvé par les participants.

Disney+, la nostalgique

Disney+ offre bien sûr les canons de l’animation de Disney et Pixar — comment y résister ? —, mais n’est pas en reste quand il s’agit de nouveautés des Fêtes. Parmi les films déjà parus en novembre, on compte Disenchanted, suite du très apprécié Enchanted, où on retrouve la princesse Giselle (Amy Adams) 15 ans plus tard, qui cherche tant bien que mal à insuffler de la magie à son quotidien… aux dépens de ceux qui l’entourent. La bande originale est signée par la légende Alan Menken, derrière la plupart des grands classiques musicaux de Disney des années 1990… comme La belle et la bête, dont on attend le programme spécial de célébrations des 30 ans le 16 décembre. On nous y promet des performances musicales encore inédites, mais aussi une reddition scénique des plus grands numéros du film, tournée à même les studios de Disney.

Encanto aura aussi droit à son spécial sur scène, une captation d’un concert au Hollywood Bowl en compagnie de toutes les vedettes du film, d’un orchestre de 80 musiciens et de 50 danseurs (sortie le 28 décembre). Il est vrai que Disney ne fait rien de mieux que de ressasser ses souvenirs et succès passés : c’est pourquoi le documentaire Mickey: The Story of a Mouse, un long métrage sur la plus célèbre souris du monde, retrace tout en encensant la genèse et l’histoire du personnage.

Hors corpus, on lorgne également du côté du curieux The Hip Hop Nutcracker, une version, on le devine, contemporaine et portée par le hip-hop du classique ballet russe. Dans les rues de New York, Marie-Clara demande l’aide d’un casse-noisette et d’un fabricant de jouets afin de réunir ses parents en conflit à temps pour le réveillon. Enfin, le documentaire Fire of Love mérite que l’on s’y arrête plus que tout — le long métrage suit le couple de volcanologues Katia et Maurice Krafft, décédés dans une explosion volcanique en 1991. À travers des images d’archives surréalistes, on découvre la vie d’un couple plus grand que nature dans une proposition singulière sur l’amour, la passion et l’immortalité.

Crave et Apple TV : la crème des Fêtes

Sur Crave, on retrouve probablement la plus grande offre de classiques du temps des Fêtes. Le film choral à saveur romantique Love Actually (2003) ; Elf (2003), mettant en vedette Will Ferrell et Zooey Deschanel ; Dr. Seuss’ How the Grinch Stole Christmas (2000), avec Jim Carrey ; et même le québécois Nez Rouge (2003) font notamment partie de la collection des Fêtes de la plateforme de visionnement.

Si vous avez envie de faire du rattrapage, ne manquez pas les nombreux films québécois disponibles sur la plateforme, comme le récent Au revoir le bonheur, de Ken Scott, tourné aux Îles-de-la-Madeleine, qui relate les tourments de quatre frères réunis malgré leurs différends pour les funérailles de leur père. Dans ce drame familial tragicomique mettant en vedette une distribution étoilée (Antoine Bertrand, Louis Morrissette, François Arnaud, Patrice Robitaille), on retrouve le souffle du scénario de La grande séduction, avec lequel Ken Scott nous avait charmés il y a déjà 20 ans. Norbourg, de Maxime Giroux, sur le scandale de Vincent Lacroix, nous transporte au coeur de ce scandale financier du tournant des années 2000.

Sur Apple TV, on nous propose une belle sélection de films et épisodes de Peanuts, comme le Charlie Brown’s Christmas Tales. Difficile de passer à côté de Snoopy et sa bande quand les Fêtes approchent, et l’exclusivité donnée à Apple TV pour la saison festive donne envie de s’offrir un abonnement à la plateforme, si ce n’est pas déjà fait.

D’autres plateformes à découvrir

Vous avez l’impression d’avoir fait le tour des films des Fêtes ? Plusieurs plus petites plateformes de diffusion offrent elles aussi une belle sélection de trésors à visionner. Sur l’ONF, on retrouve bien sûr une tonne de classiques québécois, mais aussi une large collection de productions autochtones, dont plusieurs courts-métrages inuits, présentement mis de l’avant.

Sur Tënk, une plateforme consacrée aux documentaires d’ici et d’ailleurs, la sélection changeante tourne tous les 30 jours, offrant toujours un véritable puits sans fond de contenus à découvrir. Criterion Channel, la plateforme de diffusion de la boîte de production DVD d’art et d’essai, fourmille de classiques, mais aussi de films indépendants de partout dans le monde à découvrir absolument. Bien sûr, il s’agit d’une plateforme destinée aux cinéphiles purs et durs — et à ceux et celles qui s’ennuient probablement des clubs vidéo.

Pour les enfants, on se tourne vers la section jeunesse d’ICI Tou.tv pour rattraper les créations originales colorées de la plateforme, comme la série Web Barbada, où la drag queen et professeur de musique propose une incursion dans le monde des instruments en compagnie d’artistes comme Klô Pelgag, Sarahmée ou le groupe montréalais Clay and Friends. Bonheur garanti !

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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