L’attractivité du cinéma québécois

Amélie Revert
Collaboration spéciale
Le talent québécois est reconnu à l’international, et ce, pour tous les corps de métier de l’industrie. Christine Maestracci, p.-d.g. du BCTQ, cite en exemple le directeur artistique et chef décorateur Patrice Vermette, qui a notamment reçu de nombreuses récompenses, dont un Oscar pour Dune de Denis Villeneuve.
Photo: Chia Bella James Warner Bros Le talent québécois est reconnu à l’international, et ce, pour tous les corps de métier de l’industrie. Christine Maestracci, p.-d.g. du BCTQ, cite en exemple le directeur artistique et chef décorateur Patrice Vermette, qui a notamment reçu de nombreuses récompenses, dont un Oscar pour Dune de Denis Villeneuve.

Ce texte fait partie du cahier spécial Cinéma

L’industrie cinématographique du Québec a beaucoup à offrir. Quelles sont alors les spécificités qui lui permettent de rayonner au Canada et à l’international ? Le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec, la Société de développement des entreprises culturelles et Téléfilm Canada brossent le portrait de ce secteur en perpétuelle expansion.

« Les atouts de Montréal se situent aux confins de la créativité et de l’innovation », dit d’emblée Christine Maestracci, présidente-directrice générale du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), lorsqu’on lui demande ce qui fait de la métropole un incontournable de l’industrie cinématographique internationale. Selon elle, la ville dispose d’une main-d’oeuvre chevronnée formée dans tous les corps de métier du septième art. « Nos champions sont reconnus et honorés partout à travers le monde. Il y a bien sûr les scénaristes, les réalisateurs et les producteurs, mais il ne faut pas oublier les directeurs de la photographie, les monteurs ou encore les maquilleurs », dit-elle, citant en exemple le directeur artistique et chef décorateur Patrice Vermette, qui a notamment reçu de nombreuses récompenses, dont un Oscar pour Dune de Denis Villeneuve.

Si le talent des artistes et des artisans du cinéma d’ici amène régulièrement ces derniers à travailler sur des productions de calibre international, l’inverse est aussi vrai. Forte de ses infrastructures et d’un écosystème unique proche des autres secteurs pour lesquels le Québec est l’un des chefs de file, comme le jeu vidéo ou l’intelligence artificielle, Montréal est ainsi une destination de choix pour la postproduction de certains projets audiovisuels étrangers. « Avec Los Angeles et Londres, Montréal est un pôle majeur pour les effets visuels et l’animation », explique Christine Maestracci. Depuis une dizaine d’années, le secteur des effets visuels connaît en effet une croissance moyenne annuelle de près de 33 %.

« Cet écosystème va continuer de grandir », prévient la présidente-directrice générale, qui souligne une croissance historique en 2021 pour l’industrie cinématographique québécoise en général. Et de poursuivre : « Il y a eu 21 tournages étrangers à Montréal l’année dernière. Avant, il ne s’agissait que de films, mais maintenant, un tiers sont des séries télévisées. » Pour elle, l’arrivée du tournage de séries à Montréal assure une pérennité au regard des potentielles saisons à venir.

De son côté, la production locale n’est pas en reste puisque « énormément de contenus sont non seulement produits et consommés au Québec, mais rayonnent également à l’international », souligne Christine Maestracci. D’après Johanne Larue, directrice générale du cinéma et de la production télévisuelle à la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), la singularité du cinéma local est palpable et lui permet de s’exporter. « Ce sont majoritairement des films québécois qui représentent le Canada aux Oscar, et c’est le cinéma québécois qui brille à Cannes, fait-elle remarquer. On arrive à tourner des films avec des thématiques universelles et engageantes et qui en même temps sont ancrées dans les particularités de la société québécoise. »

Qu’en est-il de la diversité ?

« Les opportunités du milieu audiovisuel québécois étant multiples, il est primordial de s’assurer qu’elles soient équitables et accessibles pour tous », met cependant en garde Cathy Wong, vice-présidente des divisions Équité, diversité, inclusion et Langues officielles à Téléfilm Canada. « Dans les dernières années, beaucoup d’efforts ont été déployés pour éliminer toute forme d’obstacle et pour améliorer l’accès à nos différents programmes pour les cinéastes issus des groupes sous-représentés, précise-t-elle. Lorsque l’industrie se mobilise de façon solidaire, on voit que l’on peut réussir collectivement. » De fait, Téléfilm Canada constate depuis plusieurs années déjà l’augmentation du nombre de femmes qui sont candidates à ses programmes d’aide.

Et pour que toutes les diversités — culturelles, de genre,etc. — soient représentées devant et derrière la caméra, l’important est d’investir dans les programmes de financement tout comme dans la formation, le mentorat et les occasions de coproduction à l’international afin d’être présents à toutes les étapes de la création d’un film, croit Cathy Wong.

Retombées économiques de l’industrie du cinéma au Québec

1,07 milliard de dollars pour la production locale

470 millions de dollars pour les tournages étrangers

951 millions de dollars pour les effets visuels et l’animation

Source : Bilan d’activités 2021-2022 du BCTQ

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.



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