Une école structurée pour répondre aux défis de l’industrie

Gabrielle Tremblay-Baillargeon
Collaboration spéciale
La réputation du baccalauréat en film production (en anglais) de Concordia n’est plus à faire: les diplômés trouvent leur place rapidement.
Photo: Photo fournie La réputation du baccalauréat en film production (en anglais) de Concordia n’est plus à faire: les diplômés trouvent leur place rapidement.

Ce texte fait partie du cahier spécial Cinéma

Le cinéma, comme la plupart des domaines, manque de main-d’oeuvre, et l’École de cinéma Mel-Hoppenheim prend le pari de la former.

L'Université Concordia peut se targuer d’être l’une des premières au Canada à avoir intégré des cours en études cinématographiques à son cursus. « Ça fait 50 ans qu’on forme des gens en cinéma », résume Martin Lefebvre, directeur de l’École de cinéma Mel-Hoppenheim, fondée plus tard, à la fin des années 1990.

Aujourd’hui, l’École offre trois programmes majeurs en son sein :Production de films, Études cinématographiques et Cinéma d’animation. « On couvre un terrain très vaste », remarque M. Lefebvre. La réputation du baccalauréat en film production (en anglais) de Concordia n’est plus à faire : sur l’échiquier cinématographique de la province, les diplômés trouvent leur place très rapidement.

Pour M. Lefebvre, la structure du programme en est la raison. « Nos étudiants tournent énormément. L’expérience qu’ils acquièrent est inestimable », poursuit-il. À l’heure actuelle, ceux-ci produisent un peu plus plus de 200 films par année, et avec de l’équipement professionnel qui plus est. Les étudiants de Concordia ont la particularité de tourner sur les films de tout un chacun en changeant de rôle constamment : ainsi, un perchiste sur une production peut devenir réalisateur sur une autre, puis directeur de la photographie sur un troisième. Ce jeu de chaise musicale permet d’apprendre et surtout de tester tous les métiers du cinéma. Plutôt que de se spécialiser rapidement, les étudiants peuvent naviguer dans cette zone d’expérimentation unique avant de faire leur entrée dans une industrie somme toute assez codifiée où chaque individu a son rôle.

Du côté du programme d’études cinématographiques, la structure est, elle aussi, relativement particulière. Il faut savoir que les étudiants y visionnent énormément de films, et ce, à même les heures de cours, dans le but de bâtir une « culture filmique forte », dixit le directeur. Pour M. Lefebvre, qui a vécu la gloire et la mort des clubs vidéo, épicentre des cinéphiles d’autrefois, l’abondance de plateformes de visionnement d’aujourd’hui peut devenir un caillou dans le soulier des apprenants. « On a des étudiants qui voient beaucoup de films, mais qui n’ont jamais vu un film africain ou japonais, par exemple. Ce qu’on offre, c’est une façon de naviguer à travers cet océan d’offre là », indique-t-il, précisant au passage que l’École Mel-Hoppenheim a comme tangente première de mettre l’accent sur le cinéma international.

Les créations arabes, sud-américaines ou encore indiennes sont ainsi mises sur un pied d’égalité avec les films québécois et canadiens. « On a toujours cherché à éviter les effets de chapelle propres au milieu des études cinématographiques pour embrasser le phénomène cinéma de la façon la plus large possible », résume-t-il.

De nouvelles formations

 

Comme la plupart des domaines, l’industrie du cinéma fait face à un manque de main-d’oeuvre criant, et l’École de cinéma Mel-Hoppenheim désire en former davantage. Avec le développement de nouveaux programmes, comme le microprogramme Digital Filmmaking ou encore le certificat d’études supérieures en scénarisation, au cours des prochaines années, l’école de cinéma triplera de taille avec l’accueil d’environ 220 étudiants par année dans le secteur de la production cinématographique. « C’est la plus grosse croissance que j’ai vue de toute ma carrière dans un département universitaire », dit Martin Lefebvre, qui reste confiant malgré l’ampleur du défi.

Cette année, le nouveau microprogramme de scénarisation et de production cinématographique sera offert en français, une première pour l’école, qui permet toutefois à ses étudiants de rédiger leurs travaux écrits ou même de tourner leurs films dans la langue de Molière. Le français a bien sa place dans ce département anglophone qui compte tout de même plus de la moitié de francophones parmi son corps étudiant. « Dans les cours, ça passe du français à l’anglais, un peu comme ce qu’on trouve dans la rue à Montréal », indique M. Lefebvre.

Ce microprogramme sera offert en ligne afin de permettre à des francophones de partout dans la province de le suivre. « On convoite des gens qui n’ont pas terminé un DEC, par exemple, mais qui ont quelque chose à raconter », explique le directeur. Comme la sélection des étudiants se fait sur la base d’une lettre d’intention plutôt que du relevé de notes habituel, les cours se nourrissent avec gourmandise du bagage bigarré de tous les participants.

Pour les futurs scénaristes et producteurs


Le nouveau microprogramme de scénarisation et de production cinématographique, offert en français ou en anglais, propose de former des scénaristes et des cinéastes professionnels par l’entremise de cours en ligne les soirs de semaine et les fins de semaine. Le microprogramme initiera également les étudiants au métier de producteur afin d’aider la relève à transposer le scénario de la page à l’écran. La date limite pour présenter une demande d’admission pour les cours offerts à l’hiver 2023 est le 1er novembre prochain.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.



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