Mediafilm lancera bientôt une plateforme de données sur le cinéma

Marie Martinez, directrice de projets chez Mediafilm
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Marie Martinez, directrice de projets chez Mediafilm

L’agence de presse cinématographique montréalaise Mediafilm lancera cet automne une nouvelle plateforme pancanadienne bilingue d’agrégation de données sur tous les films qui prennent l’affiche au pays, à l’intention des professionnels de l’industrie. La direction de Téléfilm Canada, qui finance le projet, estime qu’il s’agit d’un outil essentiel à la relance des salles de cinéma au pays.

« Un site comme celui-là, qui permet de savoir où sont présentés tous les films, selon des données mises à jour quotidiennement, personne d’autre ne le fait », affirme Marie Martinez, directrice de projets chez Mediafilm.

Nommée Panoscope, la plateforme centralisera des données déjà collectées par Mediafilm depuis sa fondation en 1955 sous la forme, entre autres, d’un calendrier des sorties de films au pays. « On collecte les horaires de plus de 750 cinémas », ajoute Marie Martinez.

Chaque film qui prendra l’affiche en salle, ne serait-ce qu’une seule fois, y sera inscrit. Et chaque fiche de film contiendra des informations essentielles à la diffusion des films, notamment les métadonnées (images et bandes-annonces), le matériel de presse et les contacts des ayants droit.

Panoscope sera donc particulièrement utile pour trois cas de figure distincts. Les distributeurs pourront savoir où — et dans quelle mesure — circulent les films de leur catalogue. Les programmateurs de salles et de festivals pourront y trouver des films, savoir qui contacter pour les présenter et avoir accès au matériel nécessaire pour leur circulation. Et les journalistes pourront également consulter ces informations afin d’avoir une meilleure idée des sorties de films au pays.

Il s’agit en quelque sorte d’une convergence de la base de données pour l’industrie MédiaFilm Plus, du fil de presse Media Film et des guides accessibles au grand public Oùvoir.ca et Where2Watch. L’accès à Panoscope sera d’ailleurs gratuit pendant un an, puis deviendra payant sous forme d’abonnement. La plateforme sera lancée en novembre, à une date encore à déterminer.

« On est pris, actuellement, dans un chaos où on doit contacter nous-mêmes tous les distributeurs pour connaître les dates de sortie des films. Une telle plateforme pourrait être très pratique, mais seulement si elle est bien mise à jour », estime Jason Béliveau, programmateur chez Antitube, à Québec, ainsi qu’aux festivals Cinemania et Regard.

Relancer les salles indépendantes

 

Francesca Accinelli, directrice générale par intérim de Téléfilm Canada, affirme que Panoscope aura un rôle à jouer dans la relance économique des salles de cinéma au pays : « Les films québécois ont beaucoup contribué aux recettes des salles du Québec, mais ailleurs au Canada, le cinéma du pays se vend moins. Pourtant, les Canadiens veulent du contenu de chez eux. On veut leur en faciliter l’accès. »

Un rapport d’enquête auprès de directeurs de salles indépendantes commandé par Téléfilm, et publié plus tôt cette année, montre d’ailleurs que les salles du pays peinent encore à programmer des films canadiens : « À l’opposé des films américains, qui sont accompagnés de matériel de promotion déjà prêt, les campagnes de promotion des films canadiens doivent être montées de A à Z (et coûtent donc plus cher qu’une campagne clé en main). »

Jason Béliveau, qui dirigera la programmation d’une nouvelle salle de cinéma dans la capitale, se réjouit d’avoir accès à plus d’information sur le cinéma canadien hors Québec : « Pour l’instant, c’est difficile de savoir ce qui se passe au pays, d’avoir facilement les images, les communiqués, les bandes-annonces. J’espère que ça aidera à faire circuler les films, ce qui aidera aussi les salles en retour. »

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