«Barbarian», un air de déjà-vu

La performance de Georgina Campbell, dans la peau de Tess, est l’un des points forts du film.
Photo: 20th Century Studios La performance de Georgina Campbell, dans la peau de Tess, est l’un des points forts du film.

Même si, à l’arrivée, Barbarian (V.O.A.) est moins excitant que ne le laissait présager la rumeur (dûment orchestrée ?) entourant sa sortie, il parvient à provoquer le lot de sursauts espérés et les rires attendus d’un film d’épouvante. Mais, surtout, il s’apprécie davantage si l’on en sait le moins possible sur son contenu. Comprendre : éviter les bandes-annonces et les critiques… à moins d’être sûr qu’elles ne contiennent aucun divulgâcheur (ce qui devrait être le cas ici).

Premier long métrage solo écrit et réalisé par le polyvalent Zach Cregger (il est acteur, humoriste, réalisateur, producteur et figure populaire de Twitch), Barbarian s’ouvre sur l’arrivée de Tess (Georgina Campbell, dont la performance est l’un des points forts du film) à Detroit. Il est tard, il pleut. Elle a loué une maison d’hôtes où elle passera la nuit avant de se rendre à une entrevue d’embauche le lendemain. Et bientôt, elle est mise devant le fait accompli : il y a eu « double location », un homme se trouve déjà sur les lieux.

Le type en question, c’est Keith. Il semble un peu étrange, mais finalement plutôt sympa. Assez pour que Tess décide de lui faire confiance et de partager la maison avec lui. « Même » s’il est incarné par Bill Skarsgård (égal à lui-même dans ce type de récit, c’est-à-dire inquiétant)… dont tout amateur d’histoires d’horreur se méfierait. Mais, visiblement, la jeune femme n’a pas vu It ni Castle Rock.

Bref, dans les heures qui suivent, une atmosphère de plus en plus trouble s’installe. Des bruits se font entendre. Des portes s’ouvrent ou se ferment par elles-mêmes. Ou refusent de s’ouvrir ou de se fermer. Les sursauts que l’on pressent se produisent. Un sentiment d’oppression plane, puis écrase tout. La claustrophobie, sa cousine, s’insinue dans les moindres recoins. En fait, entre autres à cause des lieux et de leur utilisation, impossible ici de ne pas penser au terriblement efficace Don’t Breathe,de Fede Álvarez.

Plaisirs et prévisibilité

 

Zach Cregger, on le voit, est un réalisateur compétent qui maîtrise le genre… sans toutefois le transcender. L’originalité de son travail se trouve plutôt dans la structure de Barbarian. Le contenu du long métrage semblera familier aux aficionados — la terreur qui cède tranquillement le pas à l’horreur, puis au gore, poussant même jusqu’au grand-guignolesque (un volet carrément jouissif) —, car c’est lors de pivots dramatiques très inattendus que le film se démarque.

Le spectateur, estomaqué, se demandera alors où tout cela s’en va. Malheureusement, la réponse est (trop) rapidement donnée. Et ce, chaque fois. Et puis, il y a ces pistes posées, effleurées, puis qui sont abandonnées ou qui se résolvent par du déjà-vu.

Enfin, il y a cette accumulation de « mauvaises décisions » prises par les personnages. Même si on sait pertinemment que sans elles, il n’y a pas d’histoire, de sursauts ou de rires bêtes, on souhaiterait — une fois ou deux au minimum — moins de prévisibilité. C’est sûrement possible, non ?

Barbarian (V.O.A.)

★★★

Drame d’épouvante de Zach Cregger. Avec Georgina Campbell, Bill Skarsgård, Justin Long. États-Unis. 102 minutes. En salle.

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