L’hommage au FFM tient le coup

Un programme de 20 projections gratuites, au cinéma Impérial à Montréal, a bel et bien débuté jeudi, et se poursuivra jusqu’au 5 septembre.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Un programme de 20 projections gratuites, au cinéma Impérial à Montréal, a bel et bien débuté jeudi, et se poursuivra jusqu’au 5 septembre.

L’hommage au feu Festival des films du monde (FFM) piloté par Serge Losique n’était finalement pas un canular, comme certains l’avaient pourtant laissé entendre au Devoir mercredi.

Ce programme de 20 projections gratuites, au cinéma Impérial à Montréal, a bel et bien débuté jeudi, et se poursuivra jusqu’au 5 septembre. S’il ne connaît pas le succès escompté, il permet tout de même aux cinéphiles nostalgiques de replonger dans certaines œuvres primées au festival, entre autres.

« J’étais tellement triste d’apprendre que le FFM fermait, en 2018 », raconte Yanett Rivas, cinéphile passionnée qui fut bénévole au festival de Serge Losique pendant de nombreuses années. Cela fait quelques jours qu’elle assiste, enthousiaste, aux représentations gratuites à l’Impérial.

Dimanche soir, elle semblait toutefois bien seule, alors que seulement neuf autres personnes étaient venues assister à la projection, dans cette salle qui peut en accueillir plus de 800.

Le cinéaste André Forcier, qui y a présenté son film Le vent du Wyoming (1994) samedi, se désole aussi de la tournure des événements : « Il ne peut pas y avoir beaucoup de monde quand on n’annonce pas la programmation. Serge Losique aurait aussi dû accorder des entrevues à la presse. »

Le Devoir a d’ailleurs tenté de contacter le principal intéressé au cours des derniers jours, mais n’y est pas parvenu. Même le site Web de l’événement ne fonctionne plus depuis au moins 24 heures. M. Losique n’est pas non plus monté sur scène pour présenter son événement jeudi, lors de l’ouverture, devant les quelques dizaines de personnes présentes.

Un projet de festival incertain

 

Ainsi, l’hommage au FFM tient le coup, mais ne s’avère pas à la hauteur des attentes qu’on lui portait, raconte M. Forcier. Roland Smith, qui fut directeur de nombreux cinémas, dont l’Outremont, dit aussi avoir été déçu que les dates de l’événement de Serge Losique n’aient pas été annoncées plus tôt. Lui qui présente un festival de films latino-américains au Cinéma du Parc en même temps, soutient qu’il l’aurait organisé plus tôt.

« C’est clair que quelque part là-dedans, dans l’idée de ne pas prévenir la presse, par exemple, une stratégie était en place », affirme quant à lui Claude Gagnon, cinéaste, qui présentera son film Kenny (1987) vendredi. Il salue également l’idée de présenter une vingtaine de vieux films gratuits, sur plusieurs jours, dans une aussi grande salle : « Je pense qu’on n’a jamais vu ça à Montréal, je suis complètement ébloui par cette façon de faire. »

M. Losique avait aussi annoncé, la semaine dernière, son projet de mettre sur pied un nouveau festival, intitulé Global Festival des films de Montréal (GFFM). Cet événement, qui doit être dirigé par Pierre-Henri Deleau, autrefois chargé de la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes, se veut le « successeur naturel du FFM ».

Cependant, comme l’a rapporté Le Devoir jeudi dernier, M. Deleau n’aurait pas été mis au courant des détails de l’événement. Aucun distributeur contacté par Le Devoir n’affirme avoir été contacté au sujet du GFFM. Qui plus est, le fils de Serge Losique et directeur de l’Impérial, François Beaudry-Losique, ne peut pas confirmer que le festival aura lieu un jour.

Claude Gagnon insiste tout de même sur l’importance qu’a eue le FFM, qui s’est tenu de 1977 à 2018 : « Si on arrivait à ramener le FFM dans toute sa gloire, toute la relève en bénéficierait. Ce genre de festival peut avoir un rôle important dans la promotion des films, et M. Losique a eu un impact majeur sur la culture cinématographique au Québec. Il faut le dire. »

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