Décès du cinéaste d’animation Gerald Potterton

Gerald Potterton fait partie des «dix hommes qui ont secoué le monde de l’animation».
Photo: Tirée du site de l'ONF Gerald Potterton fait partie des «dix hommes qui ont secoué le monde de l’animation».

Le cinéaste d’animation Gerald Potterton est décédé dans la soirée du mardi 23 août à l’âge de 91 ans. Ses oeuvres réalisées dans une époque charnière du cinéma canadien lui vaudront bien des hommages.

Entre l’Angleterre et le Canada, Gerald Potterton a mis son époque en images. Il a manié durant des décennies l’absurde et l’humour pour illustrer la modernité frénétique qui a engouffré la deuxième moitié du 20e siècle. Il appartient à cette « nouvelle vague de conteurs irrévérencieux et novateurs », a commenté Claude Joli-Coeur, commissaire du gouvernement à la cinématographie et président de l’Office national du film du Canada (ONF), au moment de confirmer la nouvelle de son décès.

Originaire de Londres, Potterton a tracé ses premiers croquis sérieux à la Hammersmith Art School. Impressionné par la modernité des dessins de l’ONF à l’époque, il s’éprend de fascination pour le travail des cinéastes d’ici. Peu après sa graduation, en 1954, il immigre au Canada pour travailler aux côtés des pionniers de l’animation à l’ONF, ses « dieux », comme il le disait récemment dans une entrevue.

En quelques années, il réalise ses propres courts métrages qui assureront sa notoriété. Les films Ma carrière financière (1962) et Caprice de Noël (1963) obtiendront tous deux une mise en nomination aux Oscar.

 

Gerald Potterton s’impose également dans la comédie en prises de vues réelles avec La course (1963) et le film sans paroles maintes fois primé The Railrodder (1965).

Gerald Potterton repart ensuite vers l’Angleterre. Il collabore notamment au long métrage d’animation sur les Beatles Yellow Submarine (1968).

De retour au Canada quelques années plus tard, il fonde Potterton Productions. Au nombre des oeuvres de cette société indépendante figure un court métrage d’animation adapté du conte d’Oscar Wilde The Selfish Giant (1972) qui lui vaudra une troisième nomination aux Oscar.

Il enchaîne par la suite les films d’animation, et supervise un grand nombre d’entre eux.

Il touche aussi à la peinture. Ses toiles de style réaliste tournent autour des thèmes de l’aviation et du ciel, échos peut-être à ses jeunes années de services dans la Royal Air Force.

Artiste jusqu’à son dernier souffle, il écrit en 2020 un récit pour enfants sur Joseph-Armand Bombardier, L’homme des neiges.

Membre de l’Académie royale des arts du Canada, il est choisi en 1998 par la World Animation Celebration comme faisant partie des « dix hommes qui ont secoué le monde de l’animation ».

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