«Timescape»: dinos, extraterrestres et course contre la montre

Le scénario, prévisible et moralisateur, assure tout de même un rythme soutenu et constamment entretenu par de nouvelles menaces venant perturber la quête des deux héros, interprétés par Lola Rossignol-Arts et Sofian Oleniuk.
Photo: TVA Films Le scénario, prévisible et moralisateur, assure tout de même un rythme soutenu et constamment entretenu par de nouvelles menaces venant perturber la quête des deux héros, interprétés par Lola Rossignol-Arts et Sofian Oleniuk.

Jason (Sofian Oleniuk) vit avec son oncle Brett (Nathaniel Amranian) depuis la disparition de ses parents à la suite d’un accident de voiture. Convaincu qu’ils sont toujours vivants, le garçon fait son petit bagage et part à leur recherche. Sur son chemin, il rencontre un extraterrestre et se retrouve malencontreusement coincé à l’intérieur du vaisseau dudit étranger, laissant ce dernier à l’extérieur. À bord se trouve Lara (Lola Rossignol-Arts), une jeune humaine avec qui il s’envole vers le lointain passé, à l’époque du Crétacé.

Écrit et réalisé par le Montréalais Aristomenis Tsirbas, Timescape (Retour aux dinosaures dans sa version française) s’offre comme un assemblage d’éléments qui peuvent à première vue susciter l’intérêt des amateurs de sensations fortes. Machine à voyager dans le temps, dinosaures carnivores, voyages interstellaires, petit robot « multi-assistant intelligent » qui accompagne les deux héros, le tout sur fond de course contre la montre. Mais ces éléments rassemblés ici se déploient plutôt dans une (sur)abondance de clichés.

En tête : un laser bleu qui provoque l’amnésie ; des plantes carnivores géantes ; la menace constante des dinosaures ; une soucoupe volante sphérique équipée de plusieurs panneaux de contrôle, dont l’intérieur ressemble à celui piloté par le Martien de Noël (un classique du cinéma jeunesse québécois sorti en 1971) ; et non le moindre, cet extraterrestre humanoïde aux grands yeux noirs déjà mille fois représenté sur nos écrans.

Les deux héros sont quant à eux plutôt convenus : de jeunes geeks courageux et débrouillards. Jason est passionné de dinosaures, et Lara, apprend-on, vient du futur. On en saura d’ailleurs que très peu, sinon que l’argent n’y existe plus, les maladies non plus, que l’énergie y est illimitée et que,« encore plus important, chacun est libre d’exercer son droit le plus fondamental, celui de réaliser son plein potentiel », explique Lara avant que Jason ne retourne à son époque.

Plein la vue

 

Le scénario, prévisible et moralisateur, assure tout de même un rythme soutenu et constamment entretenu par de nouvelles menaces venant perturber la quête des deux héros. Parmi les écueils rencontrés, il y a, sans surprise, le bris du vaisseau qui empêche les personnages de reprendre la route et de retourner chez eux.

Spécialiste des effets spéciaux, ayant notamment travaillé avec James Cameron sur Titanic, sur My Favorite Martian ou encore sur Star Trek: Deep Space Nine, Tsirbas s’en donne ici à cœur joie dans des tableaux souvent réussis. On a qu’à penser à cette amorce lors de laquelle la caméra, dans un plan séquence, traverse l’univers et ses galaxies, puis virevolte à s’étourdir jusqu’à s’arrêter sur une image de la Terre, petite planète bleue éclairée d’un côté par le Soleil et de l’autre par les lumières artificielles. Nul besoin du 3D pour sentir le mouvement.

La finale, qui offre d’abord un plan en contre-plongée de l’astéroïde qui causera la perte des dinosaures, puis un autre — en plongée cette fois — de la Terre et de cet immense nuage de fumée visible depuis l’espace, nous fait presque oublier tous les défauts de ce film à grand déploiement.

Timescape

★★ 1/2

Science-fiction d’Aristomenis Tsirbas. Avec Sofian Oleniuk, Lola Rossignol-Arts et Patricia Summersett. Québec, 2022, 80 minutes.

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