«Ainbo, princesse d’Amazonie» en quête du meilleur des mondes

Une scène tirée du film d’animation «Ainbo, princesse d’Amazonie»
Photo: TVA Films Une scène tirée du film d’animation «Ainbo, princesse d’Amazonie»

Candamo, petit village d’Amazonie, est frappé d’un mal sournois. Sous les eaux turquoise, les poissons se meurent ; les hommes, contaminés, s’affaiblissent. Le paradis longtemps entretenu et béni par le peuple qui l’habite est sur le point de disparaître. Du haut de ses 13 ans, la petite orpheline Ainbo souhaite délivrer son peuple de cette malédiction. Aidée de ses esprits guides, Dillo le tatou et Vaca le tapir, la fillette entreprend une quête initiatique qui lui permettra de découvrir la source du mal.

Film d’animation réalisé par Richard Claus et José Zelada, Ainbo, princesse d’Amazonie met en lumière la force et le courage d’une petite communauté devant le géant blanc destructeur de la forêt et de son écosystème. Empruntant la forme d’un immense serpent se déplaçant dans un nuage de fumée noire, celui que le peuple appelle le Yakuruna, l’esprit maléfique, est en réalité le symbole de la menace des hommes blancs sur la forêt. Dans un décor paradisiaque, une jungle bien vivante dans laquelle l’oreille attentive détecte le chant des oiseaux, l’eau qui ruisselle, le bruit sourd des chutes ou encore le cri des petits singes, rien ne semble pouvoir perturber cette quiétude. Bien que stéréotypé, ce contraste facile entre la forêt verdoyante et les machines infernales qui détruisent tout sur leur passage permet de saisir toute l’importance de la quête d’Ainbo.

Un chemin prévisible

 

Une quête initiatique pendant laquelle elle fait plusieurs rencontres qui la rendent bien sûr plus forte, notamment celles avec Motelomama, impressionnante tortue qui vit derrière une chute, Pelejo le paresseux (qui lui offrira une lame sacrée essentielle à l’accomplissement de sa mission) et, non la moindre, cet arbre au pied duquel elle se réfugie et qui abrite l’esprit de sa mère.

Sans grande surprise, la fillette a l’étoffe de ces héroïnes surhumaines avançant avec confiance, est dotée d’un instinct enviable et, bien sûr, a hérité de la grande beauté de sa défunte mère. Issue de l’amour entre Lizeni, fille du peuple, et Will, un homme blanc, elle sera considérée par certains comme une malédiction.

Émule de Pocahontas, Ainbo, princesse d’Amazonie met en lumière le courage féminin, ainsi que l’opposition entre le méchant Blanc chercheur d’or et ce peuple de la jungle guidé par la nature, respectueux et redevable aux anciens. Derrière un scénario plutôt cliché — qui s’inspire ici de la mère de Zelada et de cette Amazonie dont il est originaire —, des personnages caricaturaux (que ce soit cette orpheline qui parvient à vaincre le terrible ennemi, ses alliés un peu balourds mais indispensables, le méchant parmi les villageois qui agit par jalousie et l’ennemi plus grand que nature) et des valeurs de courage, d’amitié et d’entraide, Ainbo,princesse d’Amazonie reste un film rythmé et visuellement très beau. En tête, les décors amazoniens, les maisons dans les arbres, les nombreux détails, tels une libellule bleue et d’autres insectes qui virevoltent ici et là.

La finale, laquelle dévoile l’identité du père d’Ainbo, est cependant à la fois prévisible et surfaite. Les parents — symboles de l’union entre les deux cultures — retournent ensemble du côté des morts dans un arbre qui brille, bien sûr, de mille feux.

Ainbo, princesse d’Amazonie

★★★

Film d’animation de Richard Claus et Jose Zelada. Pays-Bas–Pérou, 2021, 84 minutes. À partir de 6 ans. En salle.

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