Et nous, alors?

L'idée du film est en soi réjouissante: aborder la sexualité sous l'angle du plaisir féminin, sans flétrir le sujet ou le conjuguer nécessairement avec une folle passion. La Française Isabelle Broué, jusque-là cantonnée dans les courts métrages et les téléfilms, fait ses premiers pas à la réalisation d'un long métrage avec un thème quand même assez casse-gueule entonné sur un air de comédie, dont elle ne maîtrise pas les mécanismes.

Marie Gillain ne trouve pas son meilleur rôle ici. Mal dirigée, parfois carrément fausse (il faut la voir en train de faire semblant de pleurer: un vrai désastre), la comédienne se voit desservie par le scénario, souvent ridicule.

Cette histoire d'une jeune femme sensuelle qui n'arrive plus à trouver l'orgasme et crie partout à la perte de son clitoris, se voit menée comme une série de sketches. Devant son chéri, au party de bureau de celui-ci, chez sa soeur, chez le sexologue, devant une assemblée de vieilles dames, chez sa mère, etc., chacun réagissant à sa manière au malheur de l'héroïne. Quelques vérités sur un sujet encore tabou seront énoncées au passage, mais dans un film très amateur.

Un peu dans le même registre, Mensonges et Trahisons de Laurent Tirard, où Marie-Josée Croze tenait dernièrement la vedette, manifestait une unité plus grande sur un registre de jeu fort supérieur à celui-ci.