À voir à la télévision le dimanche 26 décembre - L'homme sans cynisme

L'avenir semble appartenir aux simples d'esprit. Pendant la campagne présidentielle, George W. Bush confessait devant un parterre d'étudiants qu'il était un cancre à l'école, ce qui ne l'a pas empêché de diriger les destinées du pays le plus puissant de la planète, et deux fois plutôt qu'une... Forcé de choisir, j'aurais plutôt voté pour Forrest Gump (Tom Hanks) car même si le héros du film de Robert Zemeckis est, lui aussi, un véritable cancre, sa bonté, son courage et sa créativité nous auraient sans doute épargné une guerre en Irak.

Or, tout comme John Kerry, Forrest Gump a connu les horreurs du Vietnam, devenu un héros pour avoir sauvé un de ses camarades, mais ses glorieux faits d'armes ne s'arrêtent pas là. Ce petit garçon chéri à sa maman (Sally Field), né dans l'Alabama après la Seconde Guerre mondiale mais pas raciste pour deux sous, sera à peu près toujours là où se joue l'histoire des États-Unis, arrivant même à l'accélérer. Grâce à de fabuleux procédés technologiques, l'image de Gump s'incruste dans des films d'archives, permettant ainsi au personnage de côtoyer John F. Kennedy ou Richard Nixon, ou encore de prendre part à la découverte du scandale du Watergate — je vous laisse le plaisir de découvrir comment.

Acteurs remarquables,prouesses techniques et émotions à fleur de peau font de Forrest Gump une pure merveille, celle qui donnera à Zemeckis la crédibilité qui lui manquait pour des projets de plus grande envergure (Contact, Cast Away). Mais soyez prévenus: l'éclat de la mise en scène camoufle une morale quelque peu réactionnaire, célébrant l'ignorance comme une vertu, et la candeur comme un rempart à la lucidité. Finalement, voter pour Gump, c'est (un peu) voter pour Bush...

Forrest Gump

TQS, 20h30