À voir à la télévision le samedi 25 décembre - Trois filles à marier

Curieux hasard ou coïncidence symbolique, Un violon sur le toit (1971) sera présenté la veille même du nouveau scrutin électoral en Ukraine. Mais l'Ukraine d'aujourd'hui, avec ses histoires de trahison et d'empoisonnement, ressemble moins à une comédie musicale qu'à une tragédie de Shakespeare.

Celle du film de Norman Jewison plonge autant dans les inquiétudes des juifs ukrainiens devant la montée du communisme au début du XXe siècle que dans les extravagances kitsch des productions de Broadway des années 60-70.

Inspiré d'une série de nouvelles de Sholom Aleichem, écrivain ukrainien surnommé le Mark Twain juif, Un violon sur le toit décrit les tourments de Tevye (Chaim Topol), un laitier ayant encore trois filles à marier: selon la tradition, l'amour a bien peu de place dans ces unions, scellées par un matchmaker. Mais voilà, même en 1910, au fond de la campagne ukrainienne (et dans les années 60, à Broadway, là où le triomphe de la production a débuté...), les jeunes filles, traditions juives ou pas, veulent suivre les choix dictés par leur coeur plutôt que ceux de leurs parents. Et, au grand désespoir de Tevye, impuissant devant la transformation d'un monde qu'il croyait immuable, il doit accepter que ses enfants en pincent pour un modeste tailleur, un marxiste et, pire encore, un goy, un non-juif...

Évidemment, ceux qui ne jurent que par l'énergie survoltée de Chicago ou de Moulin rouge trouveront que Jewison a la patte un peu lourde, d'autant plus que le film, d'une durée de trois heures, gagnerait parfois à présenter une intrigue plus resserrée, cédant moins au folklore. Mais, aux premières mesures de If I Were a Rich Man, To Life ou encore Sunrise, Sunset, toute la grande tradition musicale de Broadway nous submerge de bonheur.

Un violon sur le toit

Radio-Canada, 18h30