Coup de coeur et coup de gueule sur la Croisette

Coup de vœur : au hasard des rencontres

 

Sans avoir grand temps pour courir le soir les dîners cannois, je suis quand même allée à celui qu’Unifrance organisait en l’honneur de La semaine de la critique. On s’y sustente en compagnie de voisins de table qu’on n’aurait jamais rencontrés de sa vie. Et les conversations sont souvent passionnantes. Ainsi, vendredi, à côté d’un organisateur d’un festival de séries à Lille, Séries Mania. Il me racontait à quel point Netflix, qui perd des plumes au profit de ses concurrents, Disney+ et compagnie, avait remisé l’expérimentation dans ses séries. La plateforme n’en est plus à la prise de risques, mais traque le consensus avec l’appui des algorithmes. C’est pourquoi une série comme Drôle, de Fanny Ferrero, conçue en France, a disparu après six épisodes, faute de performance planétaire. Cet homme de télévision avait ainsi repris goût au cinéma, capable encore d’innover.

Coup de gueule : les influenceurs en majesté

Confondus avec les vedettes, ils gravissent les marches sur le tapis rouge, se font tirer le portrait au Palais, sur la Croisette ou devant les yachts de la baie. L’omniprésence des influenceurs à Cannes n’a jamais été aussi palpable que cette année. Sur les réseaux sociaux, ils rajeunissent l’auditoire du festival en envoyant des images de la manifestation partout, mais le contenu cinéphilique y est bien mince. Si bien que le côté paillettes, déjà si scintillant ici, prend une ampleur démesurée, qui fait presque oublier le premier but du rendez-vous : mettre en lumière le septième art. La révolution numérique fait beaucoup d’ombre au cinéma.

À voir en vidéo