Autour du ring

«Le mariage est comme une ville assiégée. Ceux qui sont dehors veulent y entrer, et ceux qui sont dedans veulent en sortir», récite Jean Dugardin, alias Alex, dans Mariages!. En l'entendant, on ne peut s'empêcher de penser que la cinéaste Valérie Guignabodet s'attache à la fois à en faire la démonstration et à prouver le contraire.

C'est d'ailleurs ce qu'elle fait à travers une comédie inégale mais pleine d'entrain, dont l'action se déroule sur une période de 24 heures pendant laquelle deux jeunes étourdis vont se marier sous le regard des couples secrètement malheureux ou en crise ouverte, prisonniers de ce ring imaginaire qu'est le mariage.

Dans le coin droit: une maman desséchée (Miou-Miou), une mégère apprivoisée (Catherine Allégret, tout le portrait de sa mère Simone Signoret), une infidèle qui bout de colère (Mathilde Seigner), une jeune mariée caca d'oie (Chloé Lambert) et une épouse faussement sereine (étonnante Lio). Dans le coin gauche, outre le juke-box de dictons dissuasifs (Dujardin, excellent), on retrouve un jeune marié mou (Alexis Loret), un quinquagénaire en cure de jouvence (Didier Bezace) et un bon docteur en mal d'infirmières (Antoine Dulery). Ajoutez, tel un arbitre, un travesti venu pimenter la fête, et vous avez la matrice d'un désastre parfait.

Il y manque toutefois une cohérence dans les sentiments, partagés ou débattus, ainsi qu'une ligne claire dans la mise en scène de Guignabodet, qu'on sent écartelée entre le portrait de groupe et les intrigues de couloir, mais surtout entre son envie de dénoncer l'hypocrisie des institutions religieuses et celle de croire à la providence du même Dieu. Sa fureur, du coup, paraît assez tiède.