Tom Cruise sur la Croisette

L’acteur Tom Cruise à son arrivée mercredi sur la Croisette pour la projection de «Top Gun : Maverick»
Photo: Valéry Haché Agence France-Presse L’acteur Tom Cruise à son arrivée mercredi sur la Croisette pour la projection de «Top Gun : Maverick»

Il pilotait son hélicoptère pour atterrir directement sur la Croisette mercredi. Tom Cruise aime bien quand ça fait vroum ! vroum ! À Cannes, son arrivée a déchaîné les paparazzis et fait accourir les badauds. L’acteur, producteur, casse-cou américain qui débarque en coup de vent était le clou du jour. Il accompagnait Top Gun : Maverick de Joseph Kosinski, suite de la populaire franchise démarrée 36 ans plus tôt sous la réalisation de Tony Scott.

En as du pilotage, Cruise n’a jamais quitté les commandes, ça fidélise une audience. « J’ai ainsi appris à garder un dialogue avec le public, dit-il. Comme j’ai plusieurs générations à ne pas décevoir, je tâche de toujours faire mieux. » Ce Top Gun n’a pas impressionné ici outre mesure, mais Cruise le lance en avant-première sur le tapis rouge.

Près de 1000 personnes s’étaient massées dans la salle Debussy pour suivre sa classe de maître, avec questions du meneur de débats Didier Allouch. L’éternel séducteur de ces dames, le scientologue, l’ex de Nicole Kidman n’est pas la tasse de thé de toute la planète cinéphile. Pourtant, il saute d’un plateau à l’autre depuis l’âge de 19 ans, entre œuvres d’auteur et films d’action. La saga Top Gun a beau lui coller au flanc, une filmographie imposante rehausse aussi sa feuille de route.

J’ai appris à garder un dialogue avec le public. Comme j’ai plusieurs générations à ne pas décevoir, je tâche de toujours faire mieux.

 

Quand un acteur a tourné dans Rain Man de Barry Levinson, Magnolia de Paul Thomas Anderson, Jerry Maguire de Cameron Crowe, Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick et autres pépites, il a gagné ses galons. Ce qui ne lui évite pas de se voir avalé par les aspects commerciaux de sa carrière. « Des voix s’opposent à certains films que je fais, mais je pense à l’audience », affirme-t-il en homme d’affaires accompli.

Ce qui n’empêche pas Cruise de voler au secours du grand écran à l’heure où les salles vacillent et de recevoir les applaudissements de l’audience en tant que champion de la cause : « Je fais des films pour le grand écran, rappelle-t-il. Tourner directement pour les plateformes, jamais ! Aller au cinéma, c’est partager une expérience par-delà chaque langue et chaque culture. J’aime voir des films en salle à leur sortie, regarder les bandes-annonces et observer le public qui s’est déplacé et mange du maïs soufflé. Faire un film pour le cinéma est une expérience différente de la production télé. Or, le cinéma, c’est ma passion. »

Une simplicité mêlée d’orgueil

Il dégage une sorte de simplicité mêlée d’orgueil, affiche un goût du métier appris sur le tas. Dès ses débuts dans Taps de Harold Becker, il inondait de questions les cinéastes, les scénaristes, les techniciens. Quels types de lentilles utiliser ? Quels éclairages ? Quels décors ? Pas question que le moindre aspect de la machine à images lui échappe ! Il veut être à la roue et au moulin, produire, jouer, travailler en équipe, bouger.

Ça fascine les gens de voir Cruise exécuter ses propres cascades. Alors le danger de sauter dans le vide ne l’effraie pas ? « Oui, j’ai peur, répond-il, mais est-ce qu’on demande à Gene Kelly pourquoi il chantait et dansait dans ses films ? À quatre ans et demi, j’ai sauté du toit de ma maison avec un parachute tiré de mes draps. »

Tout jeune, il rêvait de parcourir le monde en découvrant de nouvelles cultures et s’y est attelé. L’acteur précise carburer à la curiosité, brûler d’amour pour les films de Keaton, de Chaplin, mordre dans l’histoire du cinéma. « Mais j’ai aussi beaucoup appris avec les productions d’action comme Mission : impossible, disant : “Je vais vous les faire, les cascades !” J’aime les gens, les aventures et j’aime la vie. » Ses personnages lui insufflent leur souffle et leurs gestes. Il se sent la partie d’un tout.

Son conseil à la relève : tout entreprendre, quitte à se tromper, sans craindre le ridicule de poser des questions banales pour l’interlocuteur. Foncer, tout est là ! S’il affiche des regrets, Tom Cruise n’en dira rien. Il rêve de faire du cinéma jusqu’à son dernier souffle. Toutes les sortes de cinéma !

Odile Tremblay est l’invitée du Festival de Cannes.

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