De grandes ambitions pour le Plus petit festival d’animation au monde

Nathalie Schneider
Collaboration spéciale
Image tirée de Suburb, film d’animation de Miles Jezuita, qui fera partie de la sélection de la prochaine édition.
Photo: Image fournie par le Plus petit festival d’animation au monde Image tirée de Suburb, film d’animation de Miles Jezuita, qui fera partie de la sélection de la prochaine édition.

Ce texte fait partie du cahier spécial Culture Montérégie

S'il se définit lui-même comme le Plus petit festival d’animation au monde, ce n’est pas en raison de son bas âge (à peine cinq ans d’existence incluant deux éditions annulées en raison de la pandémie) ni parce qu’il se déroule chaque année dans la petite municipalité montérégienne de Huntingdon, une communauté d’environ 2500 âmes. Sa faible taille tient plutôt à sa courte durée : quand la plupart des festivals du genre s’étalent jusqu’à une semaine, celui-ci dure un peu plus de 90 minutes. Un signe distinctif qui n’a rien de réducteur si l’on en juge par la qualité des films soumis à la sélection des organisateurs.

« La première année, en 2017, nous avons reçu 1600 films d’animation de partout : Europe, Amérique du Nord, Australie, Moyen-Orient, Asie, etc. » se souvient Alain Boisvert, directeur artistique du festival et lui-même animateur. Ce festival annuel programmé en janvier a lieu à La Petite Bibliothèque verte, partenaire de l’événement depuis ses tout débuts, qui célèbre 50 années d’opération.

Inclusion au programme

Le Plus petit festival d’animation au monde veut rendre hommage au talent des artistes d’ici et d’ailleurs sans imposer de frais de candidature qui pourraient favoriser les agences de production aux dépens des créateurs isolés.

À chaque édition, un Prix du public, assorti d’une bourse de 700 $, couronne le travail d’un des animateurs et animatrices en lice. La programmation vise le plus d’éclectisme possible en illustrant toutes les techniques d’animation : stop motion (ou animation en volume), animation 2D, 3D, peinture ou dessin animés. Films expérimentaux, noir et blanc, en couleur : tous les genres sont acceptés.

Côté contenu, les thèmes sont tous bienvenus, sous réserve qu’ils s’adressent à un public adulte et n’excèdent pas 8 minutes : sujets sociaux, humoristiques ou dramatiques y ont leur place. Parfois, le hasard de la programmation fait un écho troublant à l’actualité : le Prix du public 2020 a couronné Holodomor Cookie, un film d’Olena Maksymova qui retrace la famine meurtrière orchestrée en Ukraine par Staline dans les années 1930.

Édition 2023

Annulée en janvier dernier, cette édition du festival est reprogrammée l’an prochain, avec une sélection qui offrira la même diversité de genres et de thèmes. Sur les 1300 films reçus à cette occasion, 27 courts métrages y ont été sélectionnés, dont The Good Wolf, de la Biélorusse Natalia Darvina, qui traite de la fausse perception que l’humain a parfois des animaux.

L’occasion de rappeler que des centaines d’artistes d’animation russes et biélorusses ont signé une pétition contre la guerre en Ukraine deux jours après le déclenchement des hostilités lancées par le Kremlin. « Je m’assurerai d’enlever les logos des entreprises russes et biélorusses associées à la production de [The Good Wolf] », précise Alain Boisvert.

Une nouveauté pour cette future édition : la réalisatrice québécoise Caroline Caza, à qui on doit plusieurs courts métrages expérimentaux, viendra présenter son film Abstrait de nuit (hors concours) pour parler de son exploration de la technique, de la musique et de la trame sonore.

« L’idée est de faire connaître cette forme d’expression au grand public, qui ne va pas spontanément voir son offre sur Internet », résume Alain Boisvert.

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