À voir à la télévision le mardi 7 décembre - Donnez-lui de l'oxygène

La publicité entourant la sortie du «director's cut» du Grand Bleu (1989) semblait faite sur mesure pour ses détracteurs: «N'y allez pas. Ça dure trois heures.» Ceux qui vouaient déjà un culte fervent à ce film aquatique de Luc Besson (Subway, Nikita, Léon) ne demandaient pas mieux que de se noyer encore dans les magnifiques prises de vue sous-marines, la musique envoûtante d'Éric Serra ou les métaphores nouvelâgeuses dont le cinéaste est toujours aussi friand.

Entre l'immensité des mers et le plancher des vaches, Jacques (un Jean-Marc Barr éthéré, pour ne pas dire éteint) et Enzo (Jean Reno dans une autre caricature de lui-même) rivalisent depuis l'enfance comme plongeurs en apnée, trouvant leur souffle dans cette bagarre d'endurance et de profondeurs à atteindre. Enzo vit dans l'insouciance et le libertinage, mais Jacques, torturé par le souvenir de son père mort noyé, préfère la compagnie des dauphins à celle des humains. Même une Américaine (Rosanna Arquette) se glissant entre les deux camarades et séduisant Jacques au passage ne saura empêcher ce ténébreux des mers de plonger vers son destin insolite.

Ni avant ni après ce succès colossal, dont le magnétisme marin séduit toujours autant, Besson n'a su détromper ceux qui voient toujours en lui un habile trafiquant d'images servant à camoufler ses piètres talents de conteur. Subjugué par toute la quincaillerie cinématographique, étourdi par son désir de supplanter Hollywood en voulant jouer à armes égales, l'homme-orchestre — celui qui produit plus vite que son ombre tout en scénarisant à la même vitesse, voir Les Rivières Pourpres 2... — tient encore à matérialiser ses rêves d'enfant sur grand écran.

Le Grand Bleu

Artv, 20h

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