Du cinéma malgré tout

Une scène du très attendu film «Babysitter», de Monia Chokri, qui met en vedette la réalisatrice ainsi que les acteurs Patrick Hivon et Steve Laplante.
Photo: Maison 4:3 Une scène du très attendu film «Babysitter», de Monia Chokri, qui met en vedette la réalisatrice ainsi que les acteurs Patrick Hivon et Steve Laplante.

Avec la fermeture pour une deuxième fois des cinémas, l’expectative est pour l’heure la norme en matière de sorties de films. Or, les salles demeurant ouvertes aux États-Unis, qui rappelons-le incluent le Canada dans leur marché intérieur pour ce qui est du cinéma, les titres américains ont continué et continueront de prendre l’affiche indifféremment de ce qui se passe ici. C’est dire que ce survol des productions les plus attendues cet hiver et ce printemps, toutes nationalités confondues, et dont plusieurs ont d’ailleurs déjà fait l’objet de reports, est à lire au conditionnel.

Du côté québécois, le très attendu Babysitter, de et avec Monia Chokri, sera bientôt dévoilé au Festival de Sundance. Le film revient sur les déboires d’un ingénieur (Patrick Hivon, au générique du précédent La femme de mon frère) suspendu à la suite d’une blague sexiste (date à confirmer).

Présenté au Festival de San Sebastian, Le bruit des moteurs, de Philippe Grégoire, relate pour sa part le retour au bercail forcé, et l’idylle imprévue qui y naît, d’un douanier renvoyé pour sexualité effrénée (d’ici l’été).

Tribulations sanglantes que celles proposées par le thriller Confessions, de Luc Picard, qui incarne le tristement célèbre Gérald Gallant, dont les crimes furent relatés dans l’ouvrage Gallant : confessions d’un tueur à gages, des journalistes Éric Thibault et Félix Séguin (sortie prévue le 11 mars).

Et il y a cet autre criminel, à cravate celui-là, mais tout aussi réel, qu’est Vincent Lacroix, protagoniste de Norbourg, de Maxime Giroux, avec Vincent-Guillaume Otis et François Arnaud (sortie prévue le 18 février). Sans oublier Tu te souviendras de moi, d’Éric Tessier, d’après la pièce de François Archambault, qu’on espère depuis 2020. Rémy Girard et Karelle Tremblay s’y donnent la réplique, lui professeur retraité atteint d’Alzheimer, elle jeune fille pour qui la vie commence à peine (date à confirmer).

Vues d’ailleurs

De beaux morceaux nous parviendront de l’étranger, à commencer par le lauréat du Prix du scénario à Cannes, Drive My Car, du réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi. Intimiste, contemplatif, ce film conte les pérégrinations d’un metteur en scène endeuillé qu’un glaucome contraint à embaucher une chauffeuse (date à confirmer).

Campé dans la France des années 1960, L’événement, d’Audrey Diwan, est l’adaptation du récit autobiographique d’Annie Ernaux sur une étudiante qui essaie désespérément d’avorter (voir notre entrevue avec la cinéaste publiée en novembre). Ce film brillant et sans concession, porté par une performance incroyable d’Anamaria Vartolomei, a obtenu le Lion d’Or à Venise (date à confirmer).

Autre adaptation : Illusions perdues, de Xavier Giannoli, d’après Honoré de Balzac, met notamment en vedette Xavier Dolan. On y assiste au désenchantement d’un jeune poète (Benjamin Voisin) fraîchement débarqué à Paris (sortie prévue le 21 janvier). Renate Reinsve a remporté le Prix d’interprétation féminine à Cannes pour Julie (en 12 chapitres), de Joachim Trier, ou le parcours existentiel d’une trentenaire (sortie prévue le 11 février).

Juste avant le congé des Fêtes, nous avons eu le plaisir de discuter avec Pedro Almodóvar de son film Mères parallèles. Le cinéaste y retrouve Penélope Cruz le temps d’une intrigue dense où se croisent différentes figures maternelles sur fond historique trouble (sortie prévue le 28 janvier).

Les voisins du Sud

Pour ce qui est des productions américaines n’étant ni des films de superhéros ni des suites (voir nos deux encadrés), ce n’est pas évident, mais il y a des possibilités. Dans l’intrigant Everything Everywhere All at Once(V.O.), de Daniel Kwan et Daniel Scheinert, Michelle Yeoh joue une scientifique qui existe simultanément dans plusieurs univers (le 25 mars).

L’action, mais surtout l’humour, est aussi au menu dans The Lost City (La cité perdue), des frères Aaron et Adam Nee, dont le résumé fait songer à Romancing the Stone (À la poursuite du diamant vert). Sandra Bullock, flanquée de Channing Tatum, Daniel Radcliffe et Brad Pitt, y interprète en effet une romancière lancée dans une chasse au trésor dans la jungle (le 25 mars).

Les complotistes auront de quoi se mettre sous la dent avec Moonfall (V.O.), de Roland Emmerich, dans lequel la lune menace de s’écraser sur la terre. Ô surprise ! L’astre lunaire n’est pas ce que les autorités et le gouvernement ont toujours fait croire !Avec Halle Berry et Patrick Wilson (le 4 février).

Après les sombres The VVitch et The Lighthouse, qui ont confirmé sa maîtrise formelle peu commune, Robert Eggers revient avec le ténébreux The Northman (V.O.), sur un Viking vengeur. Alexander Skarsgard tient le rôle-titre tandis que Björk, Willem Dafoe, Ethan Hawke, Nicole Kidman, et Anya Taylor-Joy font des apparitions (sortie prévue le 22 avril).

Pour qui recherche davantage de légèreté, voire de folie, la satire The Unbearable Weight of Massive Talent (V.O.), de Tom Gormican, devrait faire le travail. L’inénarrable Nicolas Cage y tenant son propre rôle, tout peut arriver (le 22 avril).

Superhéros et super (anti)héros

La domination des superhéros au box-office perdurant, comme l’ont à nouveau prouvé les récentes aventures de Shang-Chi et de Spider-Man, Hollywood a toutes les raisons du monde de vouloir continuer à exploiter le filon. L’année 2022 ne sera pas en reste.

The Batman (Le Batman), de Matt Reeves. Le réalisateur de Cloverfield dirige Robert Pattinson (Cosmopolis) dans le rôle du célèbre justicier masqué dans une énième variation prometteuse (le 4 mars).

Doctor Strange in the Multiverse of Madness (Docteur Strange dans le multivers de la folie), de Sam Raimi. Benedict Cumberbatch est de retour dans le rôle du plus mystique des superhéros, cette fois sous la gouverne du réalisateur des trois premiers Spider-Man (le 6 mai).

Morbius (V.O. et V.F.), deDaniel Espinosa. Jared Leto est la vedette de cette première adaptation des comics du même nom sur un scientifique qui devient malgré lui vampire en voulant se guérir d’une maladie du sang (le 1er avril).


Les suites en série

L’attrait pour les suites est une autre constante à Hollywood. Dès lors qu’un film a du succès, les grands studios mettent en chantier un deuxième volet, puis un troisième, etc., au bonheur des argentiers, qui ne jurent plus que par les « univers cinématographiques ».

 

Death on the Nile (Mort sur le Nil), de Kenneth Branagh. Après le succès du pourtant pas terrible Murder on the Orient Express (Le crime de l’Orient-Express), auquel on préfère l’adaptation de 1974, Branagh revient dans le rôle d’Hercule Poirot, version film d’action. Rappelons que le film a été mis sur la glace après le scandale sexuel entourant l’acteur Armie Hammer. Là encore, la version de 1978 sera difficile à battre (le 11 février).

 

Scream (Frissons), de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett. La bande de survivants de Woodsboro (et ses interprètes Neve Campbell, Courteney Cox et David Arquette) est contrainte de reprendre du service pour une cinquième fois lorsque « Ghost Face » se remet à trucider des adolescents 25 ans après ses premières frasques gores (date à déterminer).

 

Top Gun : Maverick (V.O. et V.F.), de Joseph Kosinski. Tom Cruise  reprend du service en pilote de chasse intrépide dans le rôle qui fit de lui une superstar en 1986 (le 27 mai).

 

Jurassic World : Dominion (V.O. et V.F.), de Colin Trevorrow. Les dinosaures refont des leurs dans ce sixième volet de la série qui réunit les « jeunots » Chris Prattet Brice Dallas-Howard avec les vétérans Sam Neill, Jeff Goldblum et Laura Dern (le 10 juin).



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