«The Power of the Dog» et «West Side Story», grands vainqueurs des Golden Globes

Benedict Cumberbatch dans «The Power of the Dog» de Jane Campion
Photo: Kirsty Griffin Netflix Benedict Cumberbatch dans «The Power of the Dog» de Jane Campion

The Power of the Dog et West Side Story ont remporté dimanche soir les principaux prix lors d’une cérémonie des Golden Globes largement ignorée par Hollywood, et dont les lauréats ont été révélés en ligne, sans retransmission télévisée, ni tapis rouge.

Le sombre western de Jane Campion The Power of the Dog devient le deuxième film réalisé par une femme à remporter le Golden Globe du meilleur film dramatique. Il a également remporté les prix du meilleur réalisateur, et du meilleur acteur dans un second rôle pour Kodi Smit-McPhee.

Le remake de Steven Spielberg West Side Story a été récompensé par le Golden Globe de la meilleure comédie ou comédie musicale, avec pour Rachel Zegler le prix de la meilleure actrice dans une comédie, et pour Ariana DeBose celui de la meilleure actrice dans un second rôle.

Will Smith et Nicole Kidman ont reçu les Globes de meilleurs acteur et actrice dans un film dramatique pour leurs rôles dans “La méthode Williams” et Being the Ricardos.

Mais aucun des lauréats n’était présent à la cérémonie, qui s’est tenue à huis clos.

Habituellement courus par tout le gratin de l’industrie du divertissement, les Golden Globes, qui ouvrent la saison des prix cinématographiques, ont été cette année désertés par les stars hollywoodiennes, qui critiquent leur manque de diversité et de transparence.

La chaîne de télévision NBC avait même renoncé à diffuser la cérémonie, pourtant suivi ces dernières années par des millions de téléspectateurs, et l’événement n’a pas décollé sur Twitter, où les amateurs étaient plus préoccupés par le décès, annoncé dans la soirée, du comédien américain Bob Saget.

« Cette année, les Golden Globes ne vont ressembler à aucun Golden Globes que nous avons connu jusqu’à présent », avait prévenu Marc Malkin, rédacteur en chef culture et événementiel chez la publication spécialisée Variety. « Et vraiment, nous n’allons pas voir grand-chose ».

Aucune célébrité

Officiellement, les organisateurs ont invoqué la pandémie.

Mais, selon M. Malkin, l’Association de la presse étrangère de Hollywood (HFPA), qui constitue le jury de ces prix, « a essayé de faire venir des célébrités pour annoncer les gagnants des Golden Globes de cette année ». « Et aucune célébrité — aucune — n’a dit oui. »

La HFPA, composée d’une centaine de personnes liées à des publications étrangères, est depuis longtemps accusée en privé, dans les cercles hollywoodiens, d’une série de défaillances, allant de la corruption au racisme.

Le journal Los Angeles Times a ainsi montré que l’association ne comptait aucune personne noire parmi ses membres, ouvrant la vanne des reproches l’an dernier. Tom Cruise a rendu ses récompenses dans un geste de protestation.

Depuis l’éclatement du scandale, l’association s’est empressée de lancer des réformes, notamment pour diversifier ses membres.

Elle a aussi interdit à ces derniers d’accepter des cadeaux de luxe ou des séjours dans des hôtels de la part des studios les courtisant pour leurs votes.

Pendant la cérémonie à huis clos, dimanche, la HFPA a tweeté des vidéos pré-enregistrées d’Arnold Schwarzenegger et Jamie Lee Curtis, saluant le travail de l’association en faveur de programmes communautaires..

«Je suis fière d’être associée avec eux dans cette entreprise », a déclaré l’actrice et réalisatrice américaine, faisant référence au financement par la HFPA de programmes communautaires.

« Travail à faire »

Les jeunes actrices de West Side Story ont réagi à leur victoire sur Twitter, Rachel Zegler notant qu’elle recevait son Globe exactement trois ans après avoir été choisie par Steven Spielberg parmi 30 000 candidats. « La vie est très étrange », a-t-elle écrit.

Ariana DeBose a remercié la HFPA tout en appelant à des réformes : « Il y a encore du travail à faire, mais lorsque vous avez travaillé si dur sur un projet — avec du sang, de la sueur, des larmes et de l’amour — le fait que ce travail soit vu et reconnu sera toujours spécial », a-t-elle tweeté.

En dépit de cette ambiance plombée, les trois Globes attribués à “The Power of the Dog” et de West Side Story confirment leur statut de prétendants à la saison des prix, qui culmine en mars avec les Oscars.

The Power of the Dog, qui interroge les stéréotypes masculins dans le Montana des années 1920 avec Benedict Cumberbatch en cow-boy toxique, a été diffusé par Netflix avec une sortie limitée en salle et a reçu des critiques élogieuses.

Le remake de West Side Story par Steven Spielberg, a fait un flop au box-office mais a lui aussi été salué par la critique.

Considéré comme l’un des grands favoris, Belfast, inspiré par l’enfance nord-irlandaise de Kenneth Branagh, repart avec seulement le prix du meilleur scénario.

Andrew Garfield remporte le Globe du meilleur acteur dans une comédie musicale pour son rôle dans Tick, tick,… Boom !.

Succession, drame familial autour d’un magnat de la presse vieillissant, produit par HBO, remporte le prix de la meilleure série dramatique.

 

Hans Zimmer récompensé pour « Dune »

Le gala des prix Golden Globe s’étant déroulé à huis clos, sans diffusion et sans vedettes hollywoodiennes, l’association de la presse étrangère à Hollywood, engluée dans une série de scandales, s’est contentée d’annoncer ses lauréats sur les réseaux sociaux. C’est ainsi qu’on a appris sur Twitter que le compositeur Hans Zimmer avait raflé le prix de la meilleure trame sonore originale pour son travail sur Dune, réalisé par le Québécois Denis Villeneuve.



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