Nouvelle vitrine outre-mer pour le cinéma français

Une scène du film «César et Rosalie» de Claude Sautet avec Romy Schneider
Photo: Courtoisie Rialto Pictures / Studio Canal Une scène du film «César et Rosalie» de Claude Sautet avec Romy Schneider

Malgré l’abondance de plateformes de diffusion en continu, un entrepreneur a décidé d’en créer une nouvelle, consacrée au cinéma français, pour les expatriés francophiles et francophones d’Amérique du Nord en mal de Gabin et de Camille Cottin.

Le nouveau service, baptisé Cinessance, a été lancé mardi sur Internet, aux États-Unis et au Canada, avec un catalogue de 100 films pour commencer, de Claude Sautet au dernier Cédric Klapisch en passant par le film d’animation Kirikou ou encore Taxi pour les amateurs d’action made in France.

Clément Monnet, le fondateur de l’entreprise, a eu cette idée parce qu’il était « frustré » de ne pas trouver facilement des films français sur les plateformes existantes, notamment pour les montrer à sa femme, américaine.

Et il pense qu’au-delà des expatriés comme lui — il vit dans la région de San Francisco depuis 2015 —, il y a un marché à prendre.

« La France est le deuxième exportateur de films dans le monde, en salle, derrière les États-Unis. Rien qu’en Amérique du Nord, il y a 14 millions de billets pour des films français vendus dans les cinémas en moyenne chaque année », détaille-t-il.

« On voit que le cinéma français est populaire, mais il n’y a pas de chemin d’accès facile pour les classiques et les films récents. Or, c’est un marché captif, ces consommateurs n’ont pas accès à LaCinetek ou à myCanal. »

Pour rentrer dans ses frais, la plateforme a besoin de 30 fois plus d’utilisateurs qu’elle a de films — soit 3000 abonnés pour commencer. Un chiffre que Clément Monnet compte atteindre dès les tout premiers mois.

La saturation du marché, avec le chef de file et vétéran Netflix, Disney+ et ses catalogues inépuisables ou encore le service Prime Video d’Amazon, ne l’inquiète pas. « Les gens gardent leur abonnement à au moins une plateforme généraliste, et de plus en plus ils prennent un abonnement complémentaire à un autre service, un peu moins cher et plus ciblé », assure-t-il, citant par exemple Shudder pour les films d’horreur ou encore Viki pour les drames coréens (racheté par Rakuten).

Les amateurs pourront souscrire à Cinessance pour 6,99 dollars américains par mois, ou 69,99 dollars par an. Clément Monnet prévoit d’agrandir sa librairie à plus de 1000 titres d’ici 2023, et négocie aussi les droits pour des séries télévisées.

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