«Red Notice»: une superproduction dans le rouge

La comédie «Red Notice» n’arrive pas à se distinguer malgré sa brochette de stars et ses grosses scènes d’action.
Photo: Frank Masi / Netflix La comédie «Red Notice» n’arrive pas à se distinguer malgré sa brochette de stars et ses grosses scènes d’action.

La rencontre au sommet entre Dwayne Johnson, Gal Gadot et Ryan Reynolds avait de quoi titiller l’intérêt du public. Et de fait, Red Notice (Notice rouge), la superproduction Netflix qui les réunit, était l’un des films hollywoodiens les plus attendus de l’année. Que dire, sinon que grande est la déception.

Comme le précise d’emblée un intertitre, une « notice rouge » est un signalement effectué par Interpol visant les criminels les plus recherchés. Une telle notice a été diffusée en ce qui concerne Nolan Booth (Ryan Reynolds), un cambrioleur bien mis mais trop agaçant pour être qualifié de gentleman.

Aux trousses de cet élusif brigand depuis de nombreuses années, l’agent John Hartley (Dwayne Johnson), « profileur » au FBI, croit enfin tenir Booth dans ses filets. Cela, grâce à des informations fournies par un certain « Évêque », nom de code d’une autre supercriminelle : Sarah Black (Gal Gadot).

Le butin sur lequel Booth tente de mettre la main ? L’un des trois œufs inestimables que Marc Antoine aurait jadis offerts à Cléopâtre.

Au terme d’une fuite in extremis, Booth est arrêté, mais a peu après la surprise de voir Hartley lui être assigné comme compagnon de cellule, ce dernier ayant été piégé par la redoutable Black.

Il ne s’agit là que des premiers retournements d’un scénario qui en contient tellement qu’on perd vite le compte. D’autant que la plupart s’avèrent prévisibles, surtout le coup de théâtre final. Le film foisonne également de séquences d’action rocambolesques dont la conception parfois ingénieuse est éclipsée par un montage survolté. Lequel montage semble confondre énergie et frénésie.

Chimie intermittente

 

Écrit et réalisé par Rawson Marshall Thurber, qui a auparavant collaboré avec Johnson sur le plus modeste et plus amusant Central Intelligence (Agence de renseignement), ainsi que sur l’atroce Skyscraper (Gratte-ciel), Red Notice ne casse rien rayon mise en scène. C’est du b.a.-ba dénué de cinéma, avec un net abus de plongées et de panoramas numériques tenant lieu de décors exotiques. Visuellement, le film est très générique.

Certaines répliques amusent, pas tant en vertu de leur qualité humoristique que parce que les interprètes les livrent avec verve et entrain. À cet égard, ce trio constitué de trois immensément populaires vedettes fait certes le travail, mais guère plus.

 

Dwayne Johnson joue Dwayne Johnson, l’homme fort vertueux. Pour sa part, Ryan Reynolds y va d’une version édulcorée de Deadpool avec son interprétation verbomotrice et son attitude empreinte d’autodérision. Dans les deux cas, ça fonctionne indéniablement, mais c’est du déjà-vu. La chimie entre eux n’est par ailleurs qu’intermittente.

S’amusant visiblement, Gal Gadot tire davantage son épingle du jeu, même si, des trois, son personnage est le moins écrit. Quoique les deux autres n’ont que des conflits avec leurs papas respectifs en guise d’historique et de psychologie. Bref, beaucoup de poursuites et d’explosions, mais pas beaucoup d’étincelles.

Notice rouge (V.F. de Red Notice)

★★

Comédie d’action. Avec Dwayne Johnson, Gal Gadot, Ryan Reynolds, Ritu Arya. États-Unis, 2021, 115 minutes. En salle le 5 novembre et sur Netflix le 12 novembre.

À voir en vidéo