Le FCIAT, plus qu’une aventure

Jacques Matte, président et cofondateur du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Jacques Matte, président et cofondateur du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue.

Le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue (FCIAT) s’ouvrira samedi avec la présentation du film Tout s’est bien passé, de François Ozon, avant de se clore le jeudi suivant avec The Power of the Dog, de Jane Campion. Dans l’intervalle, le public de la région 08 aura, comme chaque année, largement de quoi contenter sa dent cinéphile. Or, ce cru-ci en est un d’anniversaire, le FCIAT célébrant en effet ses quarante ans d’existence. Jacques Matte, président et cofondateur, se souvient.

Qu’est-ce que ça évoque pour vous, quarante ans de Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue ? Un petit vertige ?

C’est certain que, quand on voit qu’il y a quarante ans de faits, on est étonnés d’être encore là, Louis [Dallaire, cofondateur], Guy [Parent, cofondateur] et moi. Après quarante ans, on peut maintenant parler d’une histoire, plus que d’une aventure. C’est une histoire qui dure depuis plusieurs années et, oui, ça donne le vertige de regarder tout le chemin que nous avons parcouru.

Comment est né votre amour pour le cinéma ?

J’ai découvert le cinéma à la salle Saint-Stanislas, à Montréal, avec les films de monstres qu’on appelle aujourd’hui des films d’horreur ; les films de Godzilla, par exemple… Puis, de façon plus sérieuse, avec les films de Sergio Leone, comme Il était une fois dans l’Ouest. Sans oublier les films à 99 cents au cinéma Outremont : salutations d’ailleurs à Roland Smith, le propriétaire à l’époque…

Avez-vous été surpris par l’engouement envers le festival, par la fidélité qui s’est rapidement développée au sein de la population ?

Chaque année, on est étonnés que les gens continuent de nous soutenir. C’est évident qu’on prend ça avec beaucoup de fierté. On est très fiers d’avoir pu s’implanter dans notre communauté, et même à l’extérieur de la région. On a de plus en plus de gens de l’extérieur ; c’est un sentiment de fierté.

L’une des clés du succès du festival est certainement l’implication des nombreux bénévoles (il y a même une liste d’attente). On revoit les mêmes visages, et là aussi, il y a cette fidélité.

Oui, il y a toute cette fidélité des bénévoles. Et encore aujourd’hui, beaucoup de gens se proposent, mais on n’en prend que très peu. Tout l’aspect du bénévolat est aussi important que le reste au niveau de la main-d’œuvre [festivalière]. Ce sont des gens qui aiment ce qu’ils font, qui sont passionnés par ce qu’ils font ; ils aiment accueillir les gens, ils aiment le cinéma. Ils sont vraiment faits sur mesure pour nous. On est chanceux de les avoir.

Certains invités ont dû vous marquer plus que d’autres ? Pour quelles raisons ?

Certains pour le rapport d’amitié qui s’est installé, comme avec Pierre Falardeau. Bernard Derome, qui est venu comme conférencier… Gilles Carle, bien sûr, qui a inspiré cette année l’affiche du festival… Jean-Claude Labrecque et Claude Fournier : des gens qui étaient comme nos mentors, des gens déjà ancrés dans le milieu du cinéma et qui nous ont fait confiance au commencement… Et tellement d’autres ! Évidemment Serge Gainsbourg, Claude Lelouch, etc.

Diriez-vous que le festival a beaucoup changé au fil des ans ?

Le festival a beaucoup changé sur le plan technique surtout : au début, on était sur du 16 mm et du 35 mm. Maintenant, c’est le numérique. Le festival a gagné en maturité en ce qui concerne le contenu. La qualité de la programmation n’a jamais cessé de s’améliorer. On n’a pas le choix : si on ne changeait pas, on ferait du surplace. On a évolué en ajoutant des projets pour les jeunes, des projets comme La Watch. C’est important de faire ça, afin d’assurer une relève. Si on n’avait pas ça, on ne serait plus là aujourd’hui. Les manques qu’on ne voyait pas au début, à présent on s’en occupe.

De quelle manière entrevoyez-vous l’avenir ? De quoi rêvez-vous pour l’avenir du festival ?

Le défi consiste à se maintenir, année après année, parce que ça reste toujours fragile. On veut continuer à faire ce qu’on fait de la meilleure manière qui soit. Tout cet aspect consistant à créer des projets en parallèle, on aimerait en faire plus, et que ce soit toujours des activités de grande qualité. Il n’y a aucune limite à ce qu’on peut faire ! Une chose est sûre, on veut garder notre identité propre, reliée intimement aux forces de la région. Et également garder le même format de festival, tout en faisant en sorte, chaque année, que les gens y éprouvent le même plaisir et que les jeunes s’y greffent de plus en plus.

Le Devoir sera à Rouyn-Noranda pour toute la durée du FCIAT.

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