Le jubilé du FNC

«The Power of the Dog», le nouveau film de Jane Campion
Photo: Kirsty Griffin Netflix Cross City FIlms «The Power of the Dog», le nouveau film de Jane Campion

Le Festival du nouveau cinéma (FNC) s’ouvre ce mercredi à Montréal et se déroulera jusqu’au 17 octobre. Il s’agit d’un cru jubilaire. En effet, l’événement célèbre cette année ses cinquante ans. Pour des raisons évidentes, on a retenu une formule hybride qui alliera présentations en salle et offre en vidéo sur demande sur la plateforme du festival. Comme par le passé, la riche programmation réunit maints gros morceaux dévoilés à Cannes, à Venise et au TIFF. Incontournables.

Chaque nouveau film de Jane Campion est un événement, surtout après douze ans d’absence au grand écran. Or, son plus récent, The Power of the Dog, s’accompagne chez nous d’un surcroît d’intérêt chauvin puisque l’un des producteurs du film est le Québécois Roger Frappier. Lauréate du prix de la mise en scène à la Mostra pour ce western où un propriétaire de ranch veille au malheur de son frère, la distinguée cinéaste néo-zélandaise profitera de son passage dans la métropole pour donner une leçon de cinéma.

Présenté en compétition officielle à Cannes, Les Olympiades voit le tout aussi estimé Jacques Audiard adapter la série de bandes dessinées d’Adrian Tomin (Les intrus). Le titre désigne en l’occurrence un immeuble du 13e arrondissement à Paris, théâtre dans le film de chassés-croisés amicaux, amoureux et entre-deux, auxquels se livrent divers jeunes gens. Fait à signaler : le réalisateur d’Un prophète s’est assuré la collaboration au scénario de nulle autre que Céline Sciamma (Portrait de la jeune fille en feu), ainsi que de Léa Mysius, coscénariste de Roubaix, une lumière.

On ne voudra pas rater le passage de l’incomparable Tilda Swinton chez l’inimitable Apichatpong Weerasethakul, dont Memoria est le premier film en anglais (un an après la collaboration de l’actrice avec Pedro Almodóvar pour les débuts en anglais de ce dernier dans le magnifique court métrage The Human Voice).

Récipiendaire du Prix du jury ex aequo à Cannes, Memoria est campé à Bogotá et conte l’obsession croissante d’une botaniste pour un son qui l’a momentanément assourdie.

L’autre film ayant partagé le Prix du jury est Ahed’s Knee, de Nadav Lapid. On y est témoin des tribulations d’un cinéaste israélien qui, alors qu’il prépare un film explosif sur le plan politique, se rend à Arabah pour une conférence portant sur son œuvre. Sur place, tout n’est peut-être pas ce qu’il y paraît.

Du côté québécois, La contemplation du mystère d’Albéric Aurtenèche aura sa première mondiale au FNC. Après en avoir beaucoup parlé, on pourra enfin le voir.

Le premier long métrage du cinéaste relate l’étrange parcours initiatique d’un jeune homme venu assister à une non moins curieuse cérémonie en hommage à son père décédé un an plus tôt dans un accident de chasse. Là encore, les apparences promettent d’être trompeuses.

Sans oublier un titre sur lequel on a écrit récemment : Bootlegger, de Caroline Monnet, présenté en ouverture du FNC, qui traite d’une communauté du nord du Québec déchirée par la question de la prohibition de l’alcool. Ni cet autre titre sur lequel on reviendra en entrevue cette fin de semaine : Les oiseaux ivres, d’Ivan Grbovic, candidat du Canada dans la course à l’Oscar du meilleur film international ayant pour cadre le milieu des travailleurs migrants saisonniers.

Finalement, en clôture, on attend avec impatience le documentaire animé Archipel, de Félix Dufour-Laperrière.

Informations à nouveaucinema.ca

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