«Les oiseaux ivres» représentera le Canada aux Oscar

Dans «Les oiseaux ivres», on suit le parcours de Willy, dont la quête éperdue pour retrouver l’amour de sa vie le voit passer de chauffeur de narcotrafiquants au Mexique à travailleur migrant dans une ferme du Québec.
Photo: Les Films Opale Dans «Les oiseaux ivres», on suit le parcours de Willy, dont la quête éperdue pour retrouver l’amour de sa vie le voit passer de chauffeur de narcotrafiquants au Mexique à travailleur migrant dans une ferme du Québec.

C’est le magnifique Les oiseaux ivres qui représentera le Canada dans la course à l’Oscar du meilleur film international, a annoncé lundi Téléfilm Canada. Réalisé par Ivan Grbovic et coécrit avec Sara Mishara, qui en signe la sublime direction photo, Les oiseaux ivres relate le parcours de Willy, dont la quête éperdue pour retrouver l’amour de sa vie le fait passer de chauffeur de narcotrafiquants au Mexique à travailleur migrant dans une ferme du Québec. Il s’agit d’une production de Kim McCraw et Luc Déry, de la société micro_scope.

Le comité de sélection pancanadien, présidé et piloté par Téléfilm, est composé d’une vingtaine de délégués issus des principaux organismes gouvernementaux et associations de l’industrie cinématographique du pays. Les délibérations se sont tenues le 4 octobre en matinée.

Dévoilé il y a quelques semaines dans la section Platform du Festival international du film de Toronto, ce deuxième long métrage d’Ivan Grbovic, qui paraît dix ans après son excellent Roméo Onze, s’était alors attiré maints éloges.

« Je me réjouis pour toute l’équipe. J’espère que cette sélection incitera davantage de gens à voir le film en salle. […] C’est un film ouvert, un état d’âme », a confié Ivan Grbovic. « C’est un film conçu pour le grand écran. C’est un film généreux envers le public ; on a voulu lui faire vivre une expérience », a renchéri Sara Mishara.

« Le film met en scène des travailleurs migrants saisonniers dans une ferme québécoise, mais notre désir n’était pas de réaliser un documentaire ou d’avoir une approche naturaliste, a-t-elle poursuivi. Les travailleurs saisonniers ne sont pas le sujet, mais le contexte. [Le film] traite des relations entre les exploiteurs et les exploités, et pose des questions sur la manière dont fonctionne l’économie d’aujourd’hui : qui en profite et qui n’en profite pas. […] C’est un reflet de notre façon de vivre. Mais c’est surtout une histoire d’amour qui est un conte de fées à plusieurs égards. »

C’est un film conçu pour le grand écran. C’est un film généreux envers le public ; on a voulu lui faire vivre une expérience.

 

À la base, le projet est né d’une image qui s’est incrustée dans l’imaginaire d’Ivan Grbovic : celle de travailleurs mexicains à l’œuvre dans un champ québécois. À l’époque, cette nouvelle réalité n’était pas familière au cinéaste.

« C’était comme un rêve, et c’est cette qualité que nous avons essayé de maintenir dans le film. Parce que c’est étrange, de voir pour la première fois des dizaines de Mexicains dans un champ québécois. […] Lorsqu’on se retrouve en face de l’économie actuelle, il y a une réaction qui n’est pas uniquement factuelle : elle est également émotionnelle, visuelle, viscérale… » a-t-il expliqué, précisant avoir privilégié l’impressionnisme.

Nouvelle dénomination

Renommé « Oscar du meilleur film international » en 2020 après avoir été appelé des décennies durant « Oscar du meilleur film en langue étrangère »,le prix en question récompense un long métrage produit en dehors des États-Unis dans une langue majoritairement autre que l’anglais. Dans Les oiseaux ivres, l’espagnol et le français alternent.

On se souviendra que, l’an dernier, Téléfilm avait dû retirer de la course son candidat initial, Funny Boy, de Deepa Mehta. En effet, l’Académie des arts et des sciences du cinéma, qui remet les Oscar, avait déterminé que l’usage de l’anglais y était trop important. Le film 14 jours 12 nuits, de Jean-Philippe Duval, s’était ainsi retrouvé sur les rangs a posteriori.

Signalons que les films soumis doivent avoir pris l’affiche dans leurs pays respectifs pour une période minimale de sept jours entre le 1er janvier 2021 et le 31 décembre 2021. Porté par la performance à la fois magnétique et bouleversante de Jorge Antonio Guerrero, de même que par celles tout aussi senties d’Hélène Florent, de Claude Legault et de Marine Johnson, Les oiseaux ivres sortira en salle le 15 octobre.

D’ici là, le film sera projeté le 12 octobre au Festival du nouveau cinéma, puis sera disponible en vidéo sur demande sur la plateforme de l’événement le 13 octobre.

L’Académie des arts et des sciences du cinéma dévoilera les 15 titres présélectionnés dans la catégorie de l’Oscar du meilleur film international le 21 décembre prochain. La 94e Cérémonie des Oscar se tiendra le 27 mars 2022.



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