Cinéma américain: si les tendances se maintiennent...

Une scène du film «Dune»
Photo: Chia Bella James Une scène du film «Dune»

Au terme d’une année pandémique faite de valses-hésitations, de reports et de sorties simultanées en vidéo sur demande, ils seront sous peu de retour dans les salles de cinéma, les gros canons hollywoodiens. Il est vrai que les choses ont retrouvé un semblant de normalité, mais au cours des prochains mois, c’est une véritable manne qui attend les cinéphiles. Entre films pressentis pour les Oscar et productions n’ayant d’autre dessein que de faire recette, trois tendances se dessinent.

Ainsi, deux des titres attendus avec le plus de fébrilité sont des adaptations d’œuvres célèbres, littéraire et issue de Broadway, respectivement. Il s’agit bien sûr de  Dune   (V.F.) et de West Side Story (V.F.).

 
Photo: Niko Tavernise Netflix Une scène tirée du film «West Side Story»

Tiré du chef-d’œuvre de Frank Herbert, Dune est le film queDenis Villeneuve rêvait de tourner depuis l’adolescence. Le roman original est foisonnant, puisqu’en toile de fond des luttes de clans pour le contrôle d’une planète où est produite la substance la plus précieuse de l’univers, Herbert parle de politique, d’environnement, de rapports entre les sexes. À l’affiche le 22 octobre.

Basé sur le spectacle d’Arthur Laurents, Leonard Bernstein et Stephen Sondheim créé en 1957, West Side Story est le premier film musical de Steven Spielberg. Librement inspiré de Roméo et Juliette, de Shakespeare, West Side Story conte l’amour interdit entre deux jeunes gens issus de gangs ennemis. Spielberg dit être revenu au spectacle, plutôt que d’avoir cherché à refaire la première adaptation cinématographique signée Robert Wise, considérée comme un classique. Sortie le 10 décembre.

Fictions du réel

Les histoires vraies, ou enfin aussi vraies qu’elles peuvent l’être après être passées par le filtre du cinéma, auront également la cote. Fait intéressant, le vétéran Ridley Scott en propose deux, chacune pourvue d’un générique alléchant. Viendra d’abord The Last Duel, retour sur ce qui fut le dernier duel légal dans la France du XIVe siècle. Adam Driver et Matt Damon s’y affrontent, ce dernier ayant coécrit le film avec son complice de Good Will Hunting, Ben Affleck. Le 15 octobre.

À des lieues du fruste Moyen Âge, Scott déploiera un glamour létal dans House of Gucci, ou le récit des événements ayant mené au meurtre de Maurizio Gucci, président de la compagnie du même nom.

Avec à nouveau Adam Driver, Lady Gaga, Al Pacino, Salma Hayek, Jeremy Irons, Jared Leto : attention, vertige. Le 24 novembre.

Entre les deux se faufilera King Richard, qui, en dépit de son titre, n’est en rien un autre film médiéval. Mettant en vedette Will Smith, le film conte comment le père de Serena et Venus Williams sut repérer et nourrir le talent incroyable de ses filles pour le tennis. Le 9 novembre.

Pour la suite des suites

La troisième tendance, sans surprise la plus lourde, tient au nombre de suites, d’antépisodes et d’accroissement d’univers cinématographiques notoires. Relatant l’ascension du chef mafieux Tony Soprano, protagoniste de la série culte de HBO, The Many Saints of Newark d’Alan Taylor met en vedette Michael Gandolfini, le fils de feu James Gandolfini. Le 1er octobre.

No Time to Die (Mourir peut attendre), la plus récente aventure de James Bond, sera la dernière de Daniel Craig dans le rôle. Cary Fuji Fukunaga (True Detective) en tient la barre. Outre les Léa Seydoux, Ralph Fiennes, Naomie Harris et Christoph Waltz qui sont de retour, on a hâte de découvrir l’importance qu’aura le personnage de Lashana Lynch, détentrice du matricule 007 depuis la « retraite » de Bond. Le 8 octobre.

 
Photo: Nicola Dove Une scène du film «No Time to Die»

À temps pour la fête qui inspira jadis son titre au classique originel, Halloween Kills verra le maniaque mutique Michael Meyers continuer de faire jaillir le sang dans sa poursuite désormais vieille de quatre décennies de Laurie Strode — rôle que reprend avec bonheur Jamie Lee Curtis, à qui l’on souhaite davantage de temps d’écran que dans le précédent opus. À la barre : David Gordon Green. Le 15 octobre.

Marvel poursuivra son irrépressible expansion avec Eternals (Éternels), de Chloé Zhao. Un film de superhéros mis en scène par la réalisatrice de Nomadland, gagnant des Oscar du meilleur film et de la meilleure réalisation ? La curiosité est à son comble ! Le 5 novembre.

L’un des plus gros succès en carrière d’Ivan Reitman, Ghostbusters (SOS fantômes) et sa suite font l’objet d’une continuation dans Ghostbusters : Afterlife (SOS fantômes : l’au-delà), gracieuseté du fils du réalisateur, Jason Reitman. Sur un thème similaire, on suit deux adolescents (McKenna Grace, Finn Wolfhard) qui apprennent leur lien de parenté avec les fameux chasseurs de fantômes. Bill Murray, Dan Aykroyd, Ernie Hudson, Annie Potts et Sigourney Weaver reprennent leurs rôles emblématiques. Avec aussi Paul Rudd et Carrie Coon. Le 19 novembre.

Finalement, à l’approche des Fêtes, un film tiendra les « geeks » réveillés : The Matrix Resurrections, des sœurs Wachowski. Le premier film fit école, les deux autres déçurent. Cadeau de Noël ou navet enrubanné, que cette mouture 4.0 ? Réponse le 22 décembre.

Antidote aux suites

Les productions hollywoodiennes 100 % originales deviennent certes rares, mais elles continuent de fleurir, çà et là. Cry Macho, de Clint Eastwood, verra l’acteur-
cinéaste nonagénaire déconstruire sa propre image. Le 17 septembre. The French Dispatch, de Wes Anderson, est l’hommage de l’excentrique auteur au journalisme et à une France fantasmée. Le 22 octobre. Don’t Look Up (Déni cosmique), d’Adam McKay, est une comédie noire sur fond de fin du monde imminente avec Jennifer Lawrence et Leonardo DiCaprio. Le 10 décembre en salle, et sur Netflix le 24.




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