Les films d’ailleurs à ne pas rater, après «Annette» et avant «Aline»

Une scène du film «Aline»
Photo: Jean-Marie Leroy Une scène du film «Aline»

Les distributeurs de films et les propriétaires de salles de cinéma devraient réclamer le titre de jongleur.

Depuis le début de la pandémie, ils n’ont cessé de composer avec les imprévus, les consignes sanitaires, les sorties reportées et un mélange d’apathie et de frayeur d’une frange du public pas encore prête à quitter le confort de son salon.

Variant Delta ou pas, l’automne culturel sera bel et bien cinéma, autant d’occasions d’élargir nos horizons, à défaut de voir toutes les frontières terrestres enfin ouvertes.

Même si la France apparaît comme la destination incontournable, et accapare la large part de la portion congrue accordée aux cinématographies étrangères, les dépaysements sont encore possibles. Annette, de Leos Carax, en fut un de première classe, lançant officieusement la rentrée cinéma, et plaçant la barre haut.

Mais cette superbe pépite cannoise n’arrive pas seule, suivie bientôt de la Palme d’or, Titane (1er octobre), le nouveau coup de poing de Julia Ducournau (Grave). Celle qui a fait frémir la Croisette revient plus déterminée que jamais, poussant à leurs limites les capacités physiques d’une nouvelle venue, Agathe Rousselle, et d’un vieux routier, Vincent Lindon.

Une autre cinéaste exigeante fait son retour cet automne, aussi actrice bien connue ayant tourné avec les plus grands, de Resnais à Lelouch. Après l’émouvant Mal de pierres, Nicole Garcia poursuit son exploration des tourments sentimentaux dans Amants (8 octobre), un triangle amoureux où s’affrontent Benoît Magimel et la star montante du cinéma français, Pierre Niney.

 
Photo: Axia Films Une image du film «Amants»

Dans un registre tout aussi grave, alors qu’elle peut être d’une légèreté réjouissante, Julie Delpy, habile devant comme derrière la caméra, retrouve l’acteur allemand Daniel Brühl dans My Zoé (22 octobre), le combat d’une mère faisant tout pour ramener à la vie sa petite fille adorée.

La naissance et la mort, c’est aussi ce qui marque le quotidien du personnel hospitalier, et s’il fut tragique depuis le début de la pandémie, les rires ne sont jamais interdits.

Ils seront d’ailleurs abondants dans C’est la vie (24 décembre), une comédie de Julien Rambaldi avec l’unique Josiane Balasko flanquée de Nicolas Maury dont l’agent est très occupé depuis le succès de la série Dix pour cent (Appelez mon agent), parachutés ici dans une maternité où cinq futures mamans vont se croiser, pour le meilleur et pour le pire.

Les reports, et les retours longtemps attendus

Même si les reports ont créé moins de frustrations que ceux entourant No Time to Die, le dernier James Bond, les amateurs de l’univers d’Agatha Christie attendent encore Death on the Nile, la nouvelle superproduction de l’héritier spirituel de Laurence Olivier, Kenneth Branagh. Mais, calendrier bousculé oblige, il sera aussi présent dès cet automne avec Belfast (12 novembre), un regard sur les tumultueuses années 1960 en Irlande du Nord mettant en vedette Judi Dench et Jamie Dornan.

Le tout aux accents éminemment autobiographiques, Branagh étant un enfant du pays, né en 1960 dans cette ville marquée au fer rouge.

Les motifs de réjouissances ne sont pas encore nombreux dans le climat actuel, mais le retour de grands cinéastes après une longue absence en est un.

Il y a d’abord celui de Jane Campion, dont la dernière incursion au cinéma remonte à 2009 (Bright Star), avec The Power of the Dog (17 novembre) et une distribution fabuleuse dominée par Kirsten Dunst et Benedict Cumberbatch.

On y retrouvera ses thèmes de prédilection, dont l’amour obsessionnel, et ses personnages aveuglés par leurs désirs.

Même si on connaît depuis longtemps les limites du film à sketches, savoir que l’on pourra en voir un avec des noms aussi prestigieux, parfois réduits au silence, comme Jafar Panahi,Laura Poitras et Apichatpong Wee-rasethakul est à placer dans la liste des incontournables.

The Year of Everlasting Storm (18 septembre) rassemble les expériences et les points de vue de sept cinéastes sur les secousses qui ont agité le monde à l’heure de la COVID-19.

Une mosaïque d’histoires intimistes et réalistes, réparties un peu partout sur la planète, plus petite que jamais depuis le début de la pandémie.

Quand les bios piquent

Qu’en ont commun lady Diana et Céline Dion ? Contentons-nous de dire qu’elles seront scrutées à la loupe dans des films portés par des actrices à l’accent d’origine camouflé, ce qui en fait déjà sourciller plus d’un. Et alors que l’on croyait que tout avait déjà été dit, et redit, sur ces deux icônes, Pablo Larraín (Spencer, 5 novembre) et Valérie Lemercier (Aline, 24 novembre) veulent nous prouver le contraire. Le premier le fera avec son élégance habituelle, déjà flamboyante dans Jackie, ce portrait d’une des plus célèbres First Ladies de la Maison-Blanche. La seconde, une incontournable de la comédie française (Les visiteurs, Palais royal !), rend un hommage grandiloquent à une de ses idoles de la chanson, au point de l’incarner de sa jeunesse à aujourd’hui. Quant à la princesse du peuple, mouton noir de la famille royale britannique même depuis son décès tragique en 1997, Kristen Stewart se retrouve une fois de plus là où personne ne l’attendait. Mais ce n’est pas une surprise, elle qui est rompue à l’art de confondre ceux et celles qui ne cessent de vouloir la confiner à l’univers de Twilight.


 

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