«Dune» et ses vedettes sortent des sables à la Mostra de Venise

Les acteurs Javier Bardem, Zendaya, Rebecca Ferguson et Timothée Chalamet (de gauche à droite), en compagnie du réalisateur québécois de «Dune», Denis Villeneuve (en costume clair).
Photo: Miguel Medina Agence France-Presse Les acteurs Javier Bardem, Zendaya, Rebecca Ferguson et Timothée Chalamet (de gauche à droite), en compagnie du réalisateur québécois de «Dune», Denis Villeneuve (en costume clair).

Le sort semble être brisé : en première mondiale hors compétition à la Mostra de Venise, la nouvelle adaptation au cinéma de Dune, roman phare de science-fiction, mais maudit à l’écran, offre un grand spectacle mêlant vedettes, action, onirisme et photographie somptueuse.

Signé Denis Villeneuve, ce film de 2 h 35, qui prendra l’affiche le 22 octobre au Québec, un mois après la France, a fait l’évènement sur le Lido, où Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Javier Bardem, mais aussi Zendaya sont venus le présenter.

Et les premiers échos sont attendus bien au-delà de la lagune : la série de romans de Frank Herbert est un chef-d’œuvre de la science-fiction aux millions d’admirateurs, dont aucune adaptation n’avait jusqu’ici franchement convaincu.

« Quand j’ai lu le livre enfant, j’ai été frappé par la trajectoire de Paul (Atréides, le héros), la façon dont son identité est confrontée à une autre culture, sa relation avec la nature, sa mélancolie… », a déclaré à Venise le réalisateur québécois de Sicario et Premier Contact.

Très en vue à Hollywood, Denis Villeneuve avait déjà prouvé sa capacité à s’attaquer aux mythes de la SF, avec Blade Runner 2049 (2017), suite du film de Ridley Scott.

Sans révolutionner le genre du space opera, mais avec des effets spéciaux dernier cri, il met cette fois un sacré coup de vieux au Dune de David Lynch (1984).

Ce fan de Frank Herbert reprend fidèlement l’intrigue de la première partie du premier livre de cette saga où tribus et potentats s’affrontent, des millénaires après notre ère, pour le contrôle de l’épice, un mélange qui prolonge la vie, offre des pouvoirs prophétiques et permet de voyager dans l’espace.

L’épice est récoltée sur une planète de sable brûlant infestée de redoutables vers géants, baptisée Arrakis, ou Dune. Avec 165 millions de dollars de budget, le feu d’artifice visuel est explosif, au risque de paraître trop copieux.

Chalamet chez les Atréides

Côté acteurs, Timothée Chalamet s’approprie le rôle principal, celui de Paul Atréides, jeune prince destiné à devenir le prophète d’Arrakis, reprenant le flambeau porté par Kyle MacLachlan chez Lynch.

Jouer dans Dune était « un honneur unique dans une vie », a déclaré le Franco-américain de 25 ans, dont l’air juvénile et délicat évite au film, ponctué de combats et de scène d’action, un trop-plein de testostérone.

« Le plus grand défi [du tournage] était, de loin, de gérer et de maîtriser la chevelure » de cette jeune étoile de Hollywood, coiffé en bataille, a plaisanté Denis Villeneuve.

Souhaitant échapper aux écueils auxquels ont pu se heurter au XXe siècle le réalisateur de Mulholland Drive ou le cinéaste Alejandro Jodorowsky dans leurs tentatives de s’attaquer à Dune, il a ajouté, plus sérieusement, avoir cherché « un équilibre entre les détails qui donnent sa force au livre » et la simplification nécessaire à l’écran.

Dune « met en garde contre le mélange entre politique et religion, les dangers des figures messianiques, l’impact de la colonisation ou les problèmes d’environnement », a souligné Denis Villeneuve, 53 ans. « Malheureusement, le film parlera plus au monde qu’il ne l’aurait fait il y a quarante ans. »

Chalamet est accompagné d’Oscar Isaac, qui joue son père, le duc Leto, et de Rebecca Ferguson, qui incarne sa mère, Dame Jessica.

On devine les traits de Charlotte Rampling derrière son voile de Révérende Mère des Bene Gesserit, tandis que le peuple des Fremen compte dans ses rangs l’Espagnol Javier Bardem et la révélation de la série Euphoria, Zendaya.

Vedette aux 106 millions d’abonnés sur Instagram, susceptible de faire venir les plus jeunes générations en salle, elle n’apparaît que brièvement à l’écran, donnant rendez-vous pour la suite, espérée par le réalisateur : « ceci n’est qu’un commencement ».

Ce premier film s’arrête au moment où Paul Atréides et sa mère, après la débâcle de leur clan, rescapés du massacre de leurs proches, se réfugient en plein désert et tombent sur un groupe de Fremens, qui pourrait changer leur destin.



À voir en vidéo