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À voir à la télévision le mardi 10 août - Auto, érotisme...

On a dit tant de choses à propos de Crash, de David Cronenberg, que vouloir recenser les insultes, les anathèmes et les défenses passionnées s'avère impossible. Tout a commencé en 1996, au Festival de Cannes, alors que le président du jury, Francis Ford Coppola, s'est finalement laissé convaincre — après une séance de tordage de bras orchestrée, selon les rumeurs, par Atom Egoyan — d'accorder un prix spécial pour saluer «l'originalité et l'audace» de ce film.

Relégué sur les tablettes de la pornographie, ou voué à brûler en enfer avec son auteur, Crash a suscité un profond malaise, même chez les fidèles de Cronenberg. Cette adaptation du roman tout à la fois de science-fiction et «autobiographique» de J. G. Ballard, publié en 1973, n'assimile pas la voiture à un simple objet sexuel mais à un moyen d'atteindre l'orgasme ultime: la mort. Et plus elle est violente, sanglante, assourdissante, parfumée d'essence et de caoutchouc calciné, meilleur sera ce moment que recherchent désespérément ces personnages en quête de sensations fortes.

Le monde décrit ici par David Cronenberg, dont la déshumanisation n'est pas seulement inscrite sur les murs et le long des autoroutes, semble avoir fait de la sexualité une routine aliénante, forçant ainsi un couple à prendre plus de plaisir à se raconter leurs infidélités qu'à les commettre. Or, lorsque James Ballard (James Spader) va percuter la voiture d'Helen Remington (Holly Hunter), ce n'est pas seulement son mari qu'il tuera, mais ses dernières illusions, plongeant avec son épouse Catherine (Deborah Kara Unger) dans un univers où sexe, ferraille et plaies ouvertes n'ont rien d'inhabituel.

Avis à ceux qui croient encore que de faire «ça» sur la banquette arrière ou au ciné-parc ressemble à une prouesse olympique: David Cronenberg, jamais en manque d'idées tordues, pourrait bien vous en fournir quelques-unes...

Cinéma / Crash

Télé-Québec, 22h