«Spirit Untamed»: minimum requis

Une scène du film «Spirit Untamed» 
Photo: DreamWorks Animations Une scène du film «Spirit Untamed» 

La jeune Lucky Prescott n’a jamais été très portée sur les règles et l’autorité. Ce, au grand dam de sa tante Cora, qui l’élève depuis le décès de sa mère Milagro. Lorsque Lucky commet une gaffe de trop, Cora et elle sont temporairement bannies de la luxueuse résidence familiale par le vieux patriarche Prescott. Voici donc Cora forcée d’emmener sa nièce vivre loin de la grande ville. Plus précisément dans l’ouest du pays, chez Jim, le père de Lucky, qui ne s’est jamais remis de la mort de Milagro. Le choc passé, Lucky fait la connaissance de Spirit, un étalon sauvage qu’elle parvient à amadouer. Or, quand une bande de voleurs de chevaux fomentent un enlèvement de masse, Lucky décide de prendre les choses en main.

À la fois prolongement du long métrage animé Spirit : Station of the Cimaron (Spirit : l’étalon des plaines) et semi-remake de Spirit Riding Free (Au galop en toute liberté), la série animée subséquente, Spirit Untamed (Spirit : l’indomptable) s’avère, hélas, assez peu mémorable. Rempli de bons sentiments appuyés plutôt que développés, et pétri de clichés rassemblés en une trame paresseuse, c’est là un « film à numéros » où la prévisibilité domine.

C’est dommage, car l’univers du Spirit original, produit à l’époque en fusionnant animations traditionnelle et 3D, n’était pas dénué de charme. Dans cette plus récente itération, seule la seconde a été utilisée, et le résultat ressemble à du Pixar au rabais. Une séquence prolongée de balade nocturne, avec brume et mystère, constitue cela dit une belle exception.

Facture industrielle

Certes, la palette chaude et lumineuse est agréable à l’œil, les arrière-plans de canyons également, mais côté détails et textures, on est dans le minimum requis : c’est de la facture industrielle.

Cela étant, peut-être les tout-petits seront-ils moins sensibles à ce genre de considérations et se laisseront-ils porter par le rythme toujours vif de l’affaire. Car à défaut de jouir d’un vrai souffle narratif, Spirit Untamed possède un allant modeste, mais constant.

Il reste que Lucky, attachante et débrouillarde héroïne, méritait tribulations plus originales.

 

Spirit : l’indomptable (V.F. de Spirit Untamed)

★★

Animation d’Elaine Bogan. États-Unis, 2021, 87 minutes. En salle.