Les flâneurs

Illustration: Le Devoir
Amélie Gaudreau
Ils ne badinent pas avec l’amour

Il faut apprécier l’art de raconter les amours torturées et complexes de ses personnages à la façon d’Emmanuel Mouret pour trouver son bonheur dans son dernier opus, Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait, actuellement en salle. Mais les vrais adeptes de sa façon de déployer ses personnages, ici multidimensionnels et incarnés par une distribution impeccable, et leurs chassés-croisés amoureux, dans une langue un brin surannée, se régaleront de cette proposition gigogne, quoiqu’un peu longuette, qui nous surprend (agréablement) dans les détours du récit.


Odile Tremblay

Dans le labyrinthe d’Anne Hébert

Les familiers de l’œuvre d’Anne Hébert apprécieront le voyage intérieur offert par Michel Lord dans ses romans et poèmes de la première heure jusqu’aux Fous de Bassan. Entre métaphores et symboles, les motifs de l’eau, du feu, de la chute, du désamour, de l’inceste sauvage s’entremêlent dans Anne Hébert contre vents et marées (Lévesque éditeur) pour composer les lignes de force et de fuite de ses héroïnes éperdues. On comprend mieux comment l’écrivaine, en brandissant sa violence longtemps bridée, offre une catharsis au Québec étouffant qu’elle avait fui.


Philippe Papineau

Roucouler avec Pigeons

Combien d’écoutes de la nouvelle chanson des Louanges, Pigeons, depuis une semaine ? 20, 25, 450 ? Et le compteur va continuer de grimper. Le titre arrive pour nous faire patienter, entre le dernier EP Expansion Pack et un album à enregistrer. Si on se fie à la qualité de Pigeons, on gardera la ligne pour conserver notre priorité d’appel. Cette chanson, qui commence directement par son refrain on ne peut plus accrocheur, reprend la signature sonore et parolière de Vincent Roberge, alias Les Louanges, mais avec un je-ne-sais-quoi de plus articulé, à la limite du franchouillard. Du groove volatil, quoi.


Caroline Montpetit

Conversation avec une pieuvre

Le documentariste Craig Foster était au plus profond d’une dépression lorsqu’il s’est remis à plonger dans les eaux glacées de son Afrique du Sud natale. Parmi les bancs de poissons familiers, il découvre une pieuvre. D’abord rétive et méfiante, la pieuvre s’habitue peu à peu à la présence du cinéaste, qui descend chaque jour, durant toute la vie de la pieuvre, soit environ un an, pour la filmer. C’est la trame de La sagesse de la pieuvre, finaliste aux Oscar. Il se passe alors des scènes extraordinaires, comme celle où la pieuvre tend franchement un tentacule au cinéaste, comme pour lui serrer la main. Sur Netflix.