«Barb and Star Go to Vista Del Mar»: décevantes retrouvailles

Kristen Wig dans le rôle de Star et Annie Mumolo dans celui de Barb dans le film «Barb and Star Go to Vista Del Mar»
Photo: Cate Cameron Lionsgate Kristen Wig dans le rôle de Star et Annie Mumolo dans celui de Barb dans le film «Barb and Star Go to Vista Del Mar»

Barb et Star sont non seulement les meilleures amies du monde, elles sont de véritables âmes sœurs. Elles travaillent ensemble, font tout ensemble et, depuis la mort du mari de Barb et le départ de celui de Star, elles vivent ensemble.

Bref, c’est la fusion totale. Mais voici qu’à l’occasion d’un voyage dans un paradis tout inclus, l’arrivée d’un beau, mystérieux et, elles l’ignorent, dangereux inconnu met à mal leur harmonie de toujours. Parodie des films d’espionnage autant que des comédies sentimentales, Barb and Star Go to Vista Del Mar donne à voir deux vedettes, Annie Mumolo et Kristen Wiig, aussi au diapason l’une de l’autre que leurs personnages.

Deux (trois) rôles en or

Dommage que le film, qu’elles ont écrit et où elles se donnent deux rôles en or (trois, en fait), ne fonctionne pas mieux. Annie Mumolo est Barb, Kristen Wiig est Star. L’antagoniste de l’histoire (Wiig, bis), une mégalomane s’inscrivant dans la tradition du Docteur Terreur des Austin Powers, lui-même une satire des méchants des premiers James Bond, a pour plan d’éradiquer la population de Vista Del Mar qui, autrefois, l’a humiliée.

Edgar, son bras droit qui se languit d’amour pour elle (Jamie Dornan dans une chouette autoparodie de Fifty Shades), arrive sur place pour arranger le coup au même moment que Barb et Star.

À la faveur d’une soirée folle, les deux femmes s’éprennent d’Edgar qui, lui, se surprend à penser à Star. Et c’est pas mal ça. Entendu : une farce comme celle-ci, qui se présente et s’assume comme telle, ne requiert pas un récit compliqué pour peu que l’enchaînement de morceaux comiques s’avère efficace. Ici, on parle d’un ratio d’un gag sur deux qui déclenche l’hilarité, l’autre tombant à plat.

Collaboratrices de longue date (elles sont les autrices du fabuleux scénario de Bridesmaids, nommé à l’Oscar), Annie Mumolo et Kristen Wiig s’offrent de trop nombreuses, et trop longues, séquences d’échanges rapides qui, d’abord désopilantes, deviennent répétitives au mitan.

Ces passages permettent, cela dit, d’apprécier la virtuosité verbale étourdissante des actrices, en plus de signaler une complicité égale à celle de Barb et Star. Il n’empêche, la redondance s’installe.

À l’instar de ces établissements de forfaits tout inclus qui diluent leur alcool, Barb and Star Go to Vista Del Mar amenuise ses rires, pour prendre une image de circonstance.

Carencée rayon péripéties, l’intrigue avance mollement — un problème majeur pour une comédie. La réalisation somme toute banale de Josh Greenbaum n’aide pas.

Idée de sketch

Il s’agit du premier film de fiction du jeune réalisateur, remarqué pour des documentaires au ton humoristique tels Becoming Bond (tiens) et Too Funny to Fail. Son travail est adéquat, mais jamais spécialement inspiré.

À sa décharge, Greenbaum a la bonne idée de mettre en valeur les dons considérables des deux comédiennes sans en distraire par de l’esbroufe technique.

En fait, le principal problème de Barb and Star Go to Vista Del Mar tient au fait qu’on dirait là une idée de sketch (du genre de ceux où Wiig brilla souvent à SNL) étirée en long métrage.

De manière un peu brouillonne, on passe de l’humour bouffon à décalé, puis à fantaisiste, le tout entrecoupé de numéros musicaux à la Busby Berkeley (version absurde, et très drôle). Là encore, c’est parfois tordant, et parfois… pas vraiment.

 

Barb and Star Go to Vista Del Mar (V.O.)

★★

Comédie fantaisiste de Josh Greenbaum. Avec Kristen Wiig, Annie Mumolo, Jamie Dornan, Damon Wayans Jr. États-Unis, 2020, 107 minutes. En VSD sur la plupart des plateformes.