Le film québécois «14 jours 12 nuits» représentera le Canada aux Oscar

Le drame met en vedette Anne Dorval dans le rôle d’Isabelle Brodeur, une océanographe qui entreprend un pèlerinage dans la terre natale de sa fille adoptive.
Photo: Les Films Séville Le drame met en vedette Anne Dorval dans le rôle d’Isabelle Brodeur, une océanographe qui entreprend un pèlerinage dans la terre natale de sa fille adoptive.

C’est finalement le film québécois 14 jours 12 nuits, signé par Jean-Philippe Duval, qui représentera le Canada dans la course à l’Oscar du meilleur film international.

Le choix initial du comité présidé par Téléfilm Canada avait été disqualifié. L’Académie des arts et des sciences du cinéma a statué que Funny Boy de Deepa Mehta, ne remplit pas les critères linguistiques en raison de sa quantité de dialogues en anglais.

Cette catégorie est réservée aux films produits à l’extérieur des États-Unis dont la majorité des dialogues sont écrits dans une langue autre que l’anglais.

14 jours 12 nuits a presque immédiatement pris le relais dans la course aux Oscar, en vue du gala du 25 avril prochain.

Le drame met en vedette Anne Dorval dans le rôle d’Isabelle Brodeur, une océanographe qui entreprend un pèlerinage dans la terre natale de sa fille adoptive, le Viêtnam. Son voyage la conduit sur les traces de la mère biologique de cette dernière, incarnée par Leanna Chea. Les deux femmes se lient d’amitié, sur fond de secrets et souvenirs douloureux.

La scénariste Marie Vien, elle-même mère adoptive, raconte que l’idée lui est venue lorsqu’elle est retournée en compagnie de sa fille dans l’orphelinat qui l’avait recueillie en Chine. « Ce sujet-là a une portée, un écho universel », soutient-elle.

Jointe par La Presse canadienne, celle à qui l’on doit aussi La Passion d’Augustine s’est dite incrédule face à ce revirement de situation.

Jean-Philippe Duval a pour sa part accueilli la nouvelle comme un « petit baume » après que la sortie en salle du film eut été coupée dans son élan par la pandémie de COVID-19. « Ça a été un gros deuil à vivre d’être obligés de fermer les salles de cinéma et de voir le film complètement arrêté dans sa carrière », reconnaît-il.

Les Oscar, qu’il compare aux Olympiques du septième art, représentent pour lui l’occasion de porter un message de paix et de réconciliation auprès d’un public encore plus large.

Le cinéaste, qui s’est notamment fait connaître avec Dédé, à travers les brumes, a aussi été derrière la réalisation de la série télévisée Unité 9.

Une courte liste de dix finalistes parmi l’ensemble des films soumis doit être dévoilée le 9 février, puis cinq d’entre eux seront officiellement mis en nomination à la mi-mars.

Huit films canadiens ont déjà été en nomination dans la catégorie du meilleur film international — anciennement « meilleur film en langue étrangère » — mais un seul est sorti vainqueur : Les Invasions barbares de Denys Arcand en 2004. Le dernier à être en lice était Rebelle de Kim Nguyen en 2013.

Quant à Funny Boy, il sera tout de même de la compétition, a annoncé Téléfilm, qui compte le soumettre dans la catégorie générale du meilleur film.

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