Cinéma - Un Top Gun à la française en tournage avec l'armée de l'air

Paris — L'armée de l'air française a participé directement au tournage des Chevaliers du ciel, un film tiré d'une célèbre bande dessinée du même nom, dont certaines scènes ont été tournées hier pendant le défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées.

Dix caméras le long de la célèbre avenue parisienne, quatre caméras fixées sous un chasseur-bombardier Mirage 2000, d'autres sur des hélicoptères, le défilé est le clou de ce Top Gun à la française, filmé par le cinéaste Gérard Pirès.

En compagnie des acteurs Benoît Magimel, Clovis Cornillac et Alice Taglioni, trois de ses «pilotes», le réalisateur de Taxi, Double Zéro et Fantasia chez les ploucs à présenté lundi à la presse ce film d'aventures et d'espionnage.

Puis il s'est éclipsé pour filmer les répétitions des Mirages, Transall (avion ravitailleur), Alphajet et autres aéronefs qui survolaient les Champs-Élysées malgré le temps couvert.

«La référence en matière d'aviation est Top Gun [avec Tom Cruise, Val Kilmer, Meg Ryan], qui a près de 20 ans, a souligné Gérard Pirès. Il n'y a jamais eu de film aussi ambitieux sur l'aviation tourné en France.»

«La Défense est derrière ce projet, dont l'ambition nous a séduits», a déclaré le colonel Claude Baillet, chef du Service d'information des armées. «Sans l'armée de l'air, ce film ne pourrait pas exister. Nous espérons qu'il deviendra la nouvelle référence. Top Gun a poussé beaucoup de jeunes à rejoindre l'armée de l'air. Et quand il est rediffusé à la télé, il y en a encore qui nous appellent.»

«Le film fera naître des vocations et on mise là-dessus à fond, car cela correspond aux besoins de recrutement pour les 15 ans à venir», a ajouté le colonel.

À l'origine, Les Chevaliers du ciel était une adaptation de Tanguy et Laverdure, les deux pilotes de chasse créés il y a plus de 40 ans par Michel Charlier et Albert Uderzo. «Mais on s'est détaché de la BD pour faire une version très contemporaine, axée sur le contexte géopolitique d'aujourd'hui», a dit Nicolas Altmayer, coproducteur du film.

«Ce n'est pas seulement un film avec des avions», a précisé Gérard Pirès, fan d'aviation et lui-même pilote. «Le scénario est ancré dans la réalité d'aujourd'hui. On a vu ce qui s'est passé le 11 septembre à New York au niveau d'un pays et d'une société tout entière. Que se passerait-il si un appareil militaire échappait au contrôle le 14 juillet?»

L'armée de l'air est associée depuis deux ans à ce projet au budget de 20 millions d'euros (environ 32 millions $CAN). Le tournage des vues aériennes a commencé le 5 juillet et se poursuivra en août, alors que le tournage avec les comédiens s'étendra de septembre à décembre. L'idéal serait une sortie le 14 juillet 2005.

Pour les besoins du film, un conteneur qui peut emporter quatre ou cinq caméras a été mis au point avec Dassault. Benoît Magimel, prix d'interprétation à Cannes pour La Pianiste, mais aussi flic dans Les Rivières pourpres 2, incarnera un pilote de chasse, «beau gosse et virtuose», dont l'équipier est Clovis Cornillac.

Ils joueront dans un cockpit monté sur vérin et ils en sont très soulagés. Leur expérience en vol sur Alphajet les a laissés complètement flageolants: «On n'était pas fiers en descendant», a avoué Benoît Magimel. «On a pris une grosse claque, a ajouté Clovis Cornillac. C'est beaucoup plus violent que les grands 8». Quant à Alice Taglioni, elle a «cru mourir».