Les femmes primées au TIFF

Frances McDormand, en vedette dans «Nomadland»
Photo: TIFF Frances McDormand, en vedette dans «Nomadland»

Merveilleux choix ! C’est Nomadland, de la Sino-Américaine Chloé Zhao, qui a remporté dimanche les suffrages du public au 45e Festival international du film de Toronto.

Très apprécié également par la critique, ce film tissé d’humanité, mettant en vedette Frances McDormand à son sommet, constitue un portrait poignant d’une sexagénaire forte et solaire qui sillonne l’Amérique à bord de sa caravane, croisant d’autres passionnés de la route. Les paysages magnifiques, captés par une caméra sensible, mettent en relief la liberté et les détresses de ces nouveaux nomades, visages errants et poétiques des États-Unis en crise. Ce laurier à Toronto, après le Lion d’or récolté à la Mostra de Venise, offre pleine lumière à un film qui s’achemine en droite ligne vers les honneurs des Oscar.

Quant au percutant documentaire Inconvenient Indian, de Michelle Latimer (aux racines algonquines et métisses), production de l’Office national du film, il a remporté le prix du meilleur film canadien. Avec à sa proue l’intellectuel Thomas King, ardent défenseur de la cause des Premières Nations, dont le film adapte un essai, il met en relief la crise d’identité de peuples relégués dans l’imaginaire collectif à l’archétype hollywoodien des porteurs de plumes face aux tirs des cow-boys. Et ce drame existentiel des premiers habitants de l’Amérique du Nord au XXIe siècle, à travers maints témoignages et mises en perspective historiques, montre à quel point le regard des Blancs posé sur « l’autre » peut être empreint de préjugés.

Photo: TIFF Image tirée du documentaire «Inconvenient Indian»

Année charnière

La FIPRESCI (critique internationale) a récompensé de son côté Beginning, de Dea Kulumbegashvili, sur la condition d’une femme en Géorgie, dont le jury a loué la précision des dialogues et l’inquiétant silence, qui créent la pleine expérience sensorielle.

Le prix NETPAC est allé à Gaza mon amour, de Tarzan et Arab Nasser, « pour ce conte réconfortant, provocant et poétique tissé d’émotions muettes sur la vie quotidienne à Gaza ».

En cette année charnière, à l’ombre de la COVID-19, qui a vu les films du TIFF diffusés majoritairement sur les plateformes en ligne, ce palmarès à l’esprit d’ouverture et d’humanité où les femmes sont à l’honneur témoigne du moins des espoirs des cinéastes et de leur art d’affronter les inquiétants défis du monde.

Photo: TIFF La critique internationale a de son côté récompensé «Beginning», de Dea Kulumbegashvili, qui rend compte de la condition d’une femme en Géorgie.